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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 11:29

Christian Soleil, écrivain stéphanois, était à Washington pour des recherches en vue d'une biographie sur Gore Vidal, ce mardi 23 août 2011, quand un tremblement de terre de 5,9 sur l'échelle de Richter a frappé la capitale américaine, comme l'ensemble de la côte est.

 

« Je venais de déjeuner au Bistro Français de Georgetown avec des voisins de DSK dans la rue Dumbarton, et nous avions arrosé la levée de toute inculpation à son endroit. Je quitte mes amis américains juste au moment du dessert et saute dans le premier taxi pour Adams Morgan, le quartier où j'habite quand je suis à Washington. J'arrive dans mon appartement de Dorchester House sur Columbia Heights. Je ferme rapidement ma valise : j'ai un vol dans l'après-midi pour Ottawa et je ne dois pas rater mon métro pour l'aéroport.

 

« Je prends une douche, ferme les volets, et je m'apprête à partir quand soudain tout se met à trembler. Il est à peine plus de treize heures. Je comprends vite ce qui se passe, après avoir connu tant de séismes au Japon au cours de mes séjours. Les portes des placards s'ouvrent, des objets tombent dans la cuisine comme dans la chambre. J'entends des pas précipités dans les couloirs. Des sirènes se mettent à retentir dans tout l'immeuble et à l'extérieur.

 

« Ma première préoccupation est de ne pas rater mon avion. J'imagine que les immeubles vont être évacués, que des bouchons vont se former. Pas question de prendre le taxi pour gagner l'aéroport national Ronald Reagan. Je décide de tenter le tout pour le tout : prendre le métro à Columbia Heights. La Yellow Line est directe jusqu'à l'aéroport. Avec un peu de chance, j'aurai quitté Washington avant une éventuelle réplique, probable dans ce genre de situation.

 

« Je sors dans la fournaise : le temps est à la fois très chaud et très humide à Washington au mois d'août. Je remonte la 16e Rue jusqu'à Irving Street et plonge dans la bouche de métro. Là, une voix diffusée par les enceintes souterraines donne déjà toutes les informations sur ce qui se passe : un séisme d'une magnitude annoncée de 6 degrés sur l'échelle de Richter – il sera ensuite révisé à 5,8 – vient de frapper la côte est des Etats-Unis. L'épicentre se situerait en Virginie et le tremblement de terre aurait été ressenti à New York, à Toronto, à Boston. Washington serait la ville la plus touchée. La cathédrale nationale serait endommagée. Le Capitole – qui abrite le Sénat et la Chambre des représentants – est en cours d'évacuation. Même chose pour le Pentagone, siège du département de la Défense. La plupart des immeubles ont été évacués, appartements ou bureaux. Les musées de la Smithsonian Institution sont fermés aux visiteurs. Deux réacteurs de la centrale nucléaire de North Anna Station à Mineral ont été automatiquement fermés juste après la secousse. Il n'y aurait pas de risque pour le public.

 

« Dans la crainte d'une éventuelle réplique, et après un arrêt complet du fonctionnement du métro, celui-ci va reprendre du service dans les minutes qui suivent, mais au ralenti, à une vitesse de 10 miles à l'heure maximum. Des retards vont donc s'accumuler. Les services du métro comptent sur notre compréhension et demandent à toutes les personnes qui peuvent éviter de voyager cette après-midi de rester chez elles.

 

A Washington, de nombreux employés de bureau se sont précipités dans les rues après la secousse, qui a duré cinq secondes environ. C’est en tout cas ce que disent les informations : je suis bien certain que les secousses dans Dorchester House se sont prolongées au-delà des cinq secondes annoncées, mais peu importe.

Je finis par monter dans un train. Nous sommes entassés comme des sardines mais que dire ? C’est à la limite du supportable et tellement inhabituel dans cette ville d'espace. A 10 miles à l'heure, il me faudra bien mes deux heures au lieu des vingt minutes habituelles pour gagner l'aéroport. Ma voisine dans le train me précise que de toute façon, les avions aussi seront en retard, aux Etats-Unis comme au Canada. Bon, ben, on verra, alors.

A la station L’Enfant Plaza, je ne tiens plus : je sors. Pas malin. Les rues sont le théâtre d’une pagaille indescriptible. Bouchons dans tous les sens. Au milieu du carrefour, des policiers descendus de voiture agitent les bras en direction du ciel. C’est en effet le seul recours. Des sirènes hurlent partout. Les bureaux ont en effet été évacués et une foule considérable envahit les trottoirs et une partie de la chaussée. Si je prends un taxi, je ne suis sûr de rien. Du coup, je redescends dans le métro, et je recommence le même cirque. Je parviens à me faufiler dans le premier train qui suit, une chance. Cahin-caha, j’arrive donc à l’aéroport national Ronald Reagan. Voilà une première étape franchie. C’est déjà ça.

« Là, j'en apprends un peu plus : on ne signale pas pour le moment de victimes ou de dégâts majeurs à la suite de ce séisme dont l'épicentre était situé à Mineral, une localité de Virginie située entre Charlottesville et Richmond. Sa profondeur est estimée à moins d'un kilomètre sous terre.

« A New York, plusieurs bâtiments comme le palais de justice et l'Hôtel de ville ont été évacués. Le chantier de construction du World Trade Center a été arrêté. Le réseau de métro de New York aurait été affecté par la secousse. Des tours de contrôle de l'aéroport JFK de New York et de Newark Liberty Airport, dans le New Jersey, ont aussi été évacuées. Après inspection de pistes, le trafic a repris. 

« Plus de peur que de mal, finalement. Mais on peut en trer des leçons sur la qualité de l'information immédiate au Etats-Unis. Tout voyageur européen et notamment français restera songeur... »

 

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