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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 04:21

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On ne saurait trop dire où est Londres, d’où est Londres, ni d’ailleurs où elle va. Sa situation géographique, prise avec un peu de recul, peut déjà sembler floue. C’est quelque part au milieu de l’Atlantique, bien sûr, mais plus près de New-York ou de l’Europe ? Ni l’un ni l’autre, vous diront ceux qui la connaissent ou, soyons clairs, ceux qui la vivent. Londres reste en partie une vieille ville impériale, sans empire. De nouveau rôle, au sens strict du terme, elle ne s’en est pas trouvé. Une chose est sûre, Londres est le nombril de l’Angleterre. Et si l’Angleterre n’est pas Londres, Londres en revanche est l’Angleterre. Si la misère noire du nord du pays ne saurait se comparer à l’éblouissement permanent de la capitale, cette dernière demeure symboliquement, pour l’intérieur comme pour l’extérieur, la seule référence qui vaille. Culturellement, économiquement, politiquement, par ses anachronismes, par ses traditions, par son sens inné de la révolution permanente, par sa vastitude, par son obligation de liberté et d’initiative, Londres se situe définitivement au centre du mandala. La culture anglaise est d’abord littéraire. Littérature et théâtre sont les deux mamelles de l’art britannique, aujourd’hui encore. Il n’est qu’à circuler dans les rues de Londres, flâner dans Charing Cross Road, Oxford Street ou Islington High Street, errer dans les rayons de BookIn, Whsmith ou autre librairie intégrée, pour s’étonner du nombre et de la diversité des parutions. Même chose, pour le meilleur et le pire sans doute, du côté des salles de théâtre de Covent Garden et de Soho. Littérature et théâtre sont indéniablement les arts les plus importants de la verte Albion. La musique rock continue d’y vivre des heures fantastiques. L’innovation dans ce domaine, comme dans celui de la mode et du design, frappe celui qui ose fréquenter les nombreux studios de quartier ou repérer au fond d’une cour de Fulham une salle de répétition. Une créativité d’autant plus étonnante qu’elle semble naître d’une énergie vitale que nous ignorons, nous autres habitués de la culture aidée, subventionnée, assistée, qui n’a pas forcément besoin du public pour exister. A Londres, il n’existe pratiquement aucun financement, aucun soutien aux artistes, qui se trouvent confrontés à une alternative : partir ou s’installer de manière précaire. L’art ne figure assurément pas en tête de la liste des priorités en Angleterre. Il ne représente pas un moyen d’exprimer une identité nationale. Il reste une préoccupation individuelle, une totale liberté, qui se joue et se révèle dans un espace sans limites. C’est ce qui fait sa force, une force confirmée par les perspectives de succès international que facilitent une langue et une culture dominante.

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