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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 00:52

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HORSES AND HIGH HEELS,

de Marianne Faithfull

Elle fut indiscutablement la plus turbulente de la bande des filles issues du British beat ; Marianne Faithfull revient…revient comme elle ne cesse de le faire depuis près d’un demi-siècle. Et aujourd’hui avec une tournée qui passera par la France en mars 2011 et un album Horses and High Heels, dont une chanson - incroyable mais vrai ! - est signée Laurent Voulzy, Why did we had to part ; depuis Gainsbourg en 1968, plus aucun Français n’avait écrit pour elle. Avant de vous ruer chez votre disquaire, retour sur un destin hors du commun…et pas toujours rose. Une star à la voix cassée et au destin brisé.

Un bon départ, pourtant

Fille d’aristocrates née en 1946, elle attire l’attention des Rolling Stones qui lui proposent d’enregistrer une de leurs compositions avant qu’eux-mêmes ne la publient, As Tears go by. Le succès est immédiat (n°9 en Grande-Bretagne en 1964). Marianne est même l’une des rares chanteuses anglaises à impressionner les Américains. Dans la foulée elle enregistre neuf chansons en français (A bientôt nous deux, Coquillages, Les Parapluies de Cherbourg...); pas suffisamment, hélas, pour justifier la publication d’un album.

Un mariage raté

En 1965 elle épouse John Dunbar, un directeur de galerie d’art… et un mari trompé en puissance : dans l’entourage des Stones, les femmes changent rapidement de draps. Après la naissance de leur fils, Marianne quitte John pour vivre une torride mais dangereuse histoire d’amour avec Mick Jagger, avec des hauts et des bas… mais des bas plus fréquents que les hauts, en partie en raison de leur terrible consommation de drogue, notamment l’héroïne dont Marianne ne peut pas se détacher.

Après l’héroïne, c’est à la cocaïne que Marianne devient accro. Enceinte, elle perd l’enfant qu’elle attendait de Jagger. Bien plus tard, elle admettra que la drogue a vraiment ruiné sa vie… En 1969, Marianne publie Sister Morphine, chanson également enregistrée par les Rolling Stones. Ils l’avaient écrite ensemble… Seulement voilà, les Stones sont de sales machos qui adorent le pognon. Pendant des années, Marianne ne fut pas co-créditée. Elle a dû traîner l’affaire devant les tribunaux. Et elle a gagné son procès ; vingt ans plus tard, on lui reconnut enfin la paternité (enfin, la “maternité”) de la chanson.

Elle évite la prison mais pas le scandale

En 1967, la police apprend que Keith Richards prévoit une party monstre en son cottage, et dépêche une escouade ; deux membres des Rolling Stones sont arrêtés (les trois autres seront désormais étroitement surveillés). Dans la foulée, les flics ramassent Marianne, complètement nue et défoncée.

Le cinéma lui fait les yeux doux

Avec un physique comme le sien, rien d’étonnant à ce qu’on lui propose de tourner. C’est d’abord, en 1966, Made in USA sous la direction de Jean-Luc Godard, et en 1967 le scandaleux I'll Never Forget What's 'is name . Interdit aux Etats-Unis à cause d’une scène de fellation, c’est également le premier film à porter le mot Fuck dans le dialogue. En 1968 elle tourne dans Anna , une comédie musicale dont les chansons sont signées Serge Gainsbourg, et en 1969, dans « La Motocyclette » avec Alain Delon pour partenaire.

En 1970 Marianne se sépare définitivement de Mick Jagger mais perd également la garde de son fils après une tentative de suicide. Au milieu des années 70, elle épouse Ben Brierly, leader du groupe punk Vibrators. En 1975 elle publie un album assez terne, Dreamin’ my dreams.

Le premier come back

La voix désormais cassée par l'alcool et les cigarettes, alors que tout le monde y compris ses fans l’avaient oubliée, elle publie l’album Broken English et grimpe allégrement au hit-parade en 1980 avec The Ballad Of Lucy Jordan qui conte, en gros, l'histoire d'une femme plus très jeune qui se demande si elle n'a pas raté sa vie. La chanson poursuivra sa carrière deux ans plus tard dans la bande du film suédois à caractère pornographique, Montenegro, subtilement titré en France Les Fantasmes de madame Jordan, et beaucoup plus glorieusement dans la B.O. du road movie « Thelma & Louise ».

Le retour au vedettariat n’a pas calmé son addiction

Elle donne souvent, en public, l’image d’une épave. Elle se ressaisit enfin au milieu des années 80 et décide de se faire soigner. Hélas elle rencontre Howard Tose, un malade mental, junkie de surcroît, et en tombe amoureuse. Bien que toujours mariée avec Brierly, elle s’installe avec Tose qui sautera par la fenêtre du confortable appartement qu’ils partageaient. Du 14ème étage, ça ne fait pas de cadeau.

La vie de l'icône pop des années 60 à la voix cassée et au destin brisé ressemble de plus en plus à celles, déjà évoquées, de Billie Holiday et de Bessie Smith. Comme elles, Marianne va dès lors se tourner vers le blues et le jazz…

Le coup de main d’Irina Palm

Dans les années 90 et 2000 elle figure au générique d’énormément de films et de téléfilms. La critique et le public en ont surtout retenu Irina Palm en 2007. Marianne continuait de surprendre, c’est le moins qu’on puisse dire, avec ce rôle de sexagénaire obligée de prendre en main son… destin : engagée dans un club londonien, au lieu de servir le thé comme elle le croyait, elle se retrouve à masturber des hommes à travers une cloison. La vie d’Irina, c’est le blues à l’état pur. Celle de Marianne ne fut guère plus dorée…

2011.

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