Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 07:59

Christian Soleil interviewed by Jean Duverger - RC-copie-1

 

Mémoires de Duncan Grant - Tome II

Mémoires de Duncan Grant - Tome II
A Bohemian Rhapsody
"La seule compétition que Vanessa ait jamais vécue, d'une certaine manière, était avec sa soeur Virginia. Pas avec moi. Elle m'aimait. J'étais ce qui lui manquait. Elle me complétait. À nous deux, nous faisions un être entier. Voilà pourquoi nous n'avons peut-être pas été capables de t'élever comme tu l'aurais voulu, ma chère enfant. Tu vois, il ne faut pas trop nous en vouloir. Sans doute t'es-tu sentie en rivalité avec ta mère quant à l'attention que je pouvais lui porter. Je lui ai fait subir tellement d'absences, d'un garçon à l'autre. Il me fallait bien lui rendre, si peu d'ailleurs, un brin de la tendresse et de la présence qu'elle m'offrait sans réserve. Sans doute les choses se poursuivent-elles ensuite d'une génération à l'autre, mais toi seule peux le savoir, ou peut-être tes filles. Tu as finalement vécu un peu comme moi, Angelica. À la manière d'un garçon “gay”, comme on dit maintenant."
L'art et l'amour. Les deux astres suivis par Duncan Grant tout au long de sa vie, et que révèle ce second tome du roman que lui consacre C. Soleil. Où l'on retrouve un homme sur le point de devenir père, mais pris dans une configuration amoureuse singulière. Où l'on sent son coeur balancer, toujours irrésistiblement, toujours léger, conquérant, invincible. Où l'on voit un peintre accéder à la reconnaissance internationale. Dans cette valse qu'est sa vie, en arrière-plan, les fantômes des Woolf, des Bell, de ces individus qui ont marqué leur époque, mais encore les suivantes... Et ce texte de lire, dès lors, moins comme une biographie romancée que comme le testament de toute une génération exceptionnelle.

 
 
 
 
Prix : 27,00 € - 442 pages
Repost 0
25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:49

 

La Môme India, c’est l’histoire en musique d’Eva Lopez. Eva puise ses origines en Méditerranée. Elle voit le jour au pays des oliviers, des cigales et de la lavande. C’est dire qu’elle apprend très tôt les couleurs, les odeurs, les chants et les rires. La voix lui est donnée : elle la fait partager. Sur scène, elle donne tout, tout de suite. Sans retenue.

Elle apprend aussi que vivre, c’est perdre. Mais comme les sages asiatiques, elle ne voit que la beauté, la grâce, la chance. La vie n’est pas un privilège, c’est un cadeau. La chance d’Eva est intérieure. Elle résulte de cette générosité qui lui fait offrir des brassées de joie sans rien demander en retour.

Rome lui tend les bras. Washington lui ouvre ses portes. Paris lui fait les yeux doux. Mais c’est l’Inde qui d’emblée lui est familière. Parce que tout vient de là. L’Inde où elle retrouve des origines qu’elle ne soupçonnait pas. L’Inde où les déesses ont mille bras, où l’on est fier d’être debout, où chaque geste est une offrande, où les dieux habitent dans les petits riens.

La Môme India, c’est ce parcours en musique, ce voyage immobile parce que d’abord intérieur, cette quête d’un soi que l’on trouve par les autres. A travers des chansons du répertoire de France et d’ailleurs, à travers ses chansons propres, Eva nous fait partager son histoire de vie. En se serrant de toutes ses forces contre elle-même, elle construit chaque jour une famille qui ne cesse de s’agrandir. C’est ainsi qu’elle touche à l’universel : sa vie qu’elle livre sur la scène, au-delà des apparences, pourrait être la nôtre. Elle est la nôtre puisqu’il n’y a au fond aucune différence entre Eva et nous et que tout rejoint cet océan primal où nous sommes elle, où elle est nous.

Christian Soleil, Eva-Lopez-photo-bleue.jpgTokyo, 25 août 2012.

Repost 0
15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 08:26

2514176648_de12b4be90.jpg

 

 

Yukio Mishima, de son vrai nom Kimitake Hiroaka, est né à Tokyo en 1925. Un homme de la ville donc, un urbain mais aussi un homme enraciné dans un terroir, celui de sa grand-mère paternelle, femme cultivée qui lui transmettra le virus de la littérature et du théâtre traditionnel japonais, le Kabuki. Tout jeune adolescent, il écrit déjà des récits qu’il fait lire à sa mère avec qui il gardera toujours des liens étroits. Dans la capitale, il fréquente les milieux littéraires de "l’École romantique" et devient vite un intellectuel remarqué qui publie une première œuvre La Forêt tout en fleur dans la revue Art et culture.

 

Tokyo-Shinjuku : quartier de Tokyo où Mishima a vécu En apparence, il est un homme comblé, valeur montante de la littérature japonaise. Mais il se sent écartelé entre la vie brillante qu’il mène à Tokyo et la vie paisible du monde rural, entre l’attrait pour le mode de vie occidental et le respect de la tradition, entre les troubles qu’il ressent et l’image qu’il donne de lui-même. Dans Confession d’un masque publié en 1949, aux accents autobiographiques marqués, il évoque sa difficulté d’être dans les relations sociales ainsi que son homosexualité qu’il a longtemps refusée.

 

Lui qui parviendra plus tard à se transcender dans le sport et la force physique, est un adolescent chétif et hyper sensible qui sera même réformé pendant la guerre en 1941, ce qu’il vivra comme un affront personnel. Par un effort de volonté extraordinaire, il va décider d’exorciser ses démons, de s’astreindre à un entraînement physique intensif qu’il entretiendra constamment et deviendra même expert en Kendo. Sur le plan sentimental, après quelques liaisons homosexuelles fugaces, il fréquente la future impératrice Shoda Michiko et finit par se marier avec Yoko Sugiyama dont il aura deux enfants. Mais son comportement reste ambivalent et par exemple, il jouera en 1968 dans Le lézard noir avec son amant, le travesti Akihiro Miwa.

 

Tokyo-Shibuya : autre quartier central de Tokyo que Mishima a fréquenté Lui, le japonais ‘occidentalisé’, va réagir violemment contre ses tendances et adopter des positions nationalistes radicales. Il constitue sa propre milice, le Tatenokaï (la société du bouclier) pour rétablir les valeurs ancestrales et être le bras armé de l’empereur. En août 1970, un peu plus d’un mois avant sa disparition, il déclarera : « L’argent et le matérialisme règnent ; le Japon moderne est laid. »

 

Á partir de 1965, Mishima s’attelle à ce qu’il considère comme sa grande œuvre, une tétralogie qu’il intitule La mer de la fertilité (Hôjô no umi) par référence à la plaine désertique lunaire, symbole à ses yeux du désert qu’est devenu son pays. Il y peint une grande fresque historique allant de la guerre russo-japonaise aux lendemains de la seconde guerre mondiale, fouillant les replis de la société japonaise dans ses contradictions et ses évolutions qu’il supporte de plus en plus mal. La réalité de Mishima va finir par rejoindre la fiction de l’écrivain, le tome II de sa tétralogie met en scène un Seppuku, le suicide rituel façon samouraï.

 

Le 25 novembre 1970, après avoir terminé sa tétralogie et expédié le manuscrit à son éditeur, il met en scène et interprète le dernier acte de sa vie, qu’il a conçu comme une grande tragédie classique vibrant du souffle épique du héros. En compagnie de quelques disciples, il investit L’École militaire du ministère de la défense, tient un grand discours, digne et patriotique devant un auditoire médusé et plutôt hostile, et se retire avec ses compagnons. Puis, avec l’aide de son ami Masakatsu Morita, il se donne la mort selon le rituel codé et ancestral de la décapitation au sabre, le Seppuku.

 

Le rideau vient de tomber sur le théâtre de sa vie. Il avait 45 ans. Dans Chevaux échappés, il écrivait déjà : « Toute pensée n’est valable que si elle passe aux actes. »

 

Dans sa biographie de Mishima, Marguerite Yourcenar écrivait : « La façon dont chez Mishima les particules traditionnellement japonaises ont remonté à la surface et explosé dans sa mort font de lui… le témoin, au sens étymologique du mot, le martyr du Japon héroïque qu’il a pour ainsi dire rejoint à contre-courant. »

 

Repost 0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 20:45

L'auteur de 25 romans et de pièces de théâtre a succombé à une pneumonie à l'âge de 86 ans. Il va rejoindre Jimmy Trimble au cimetière de Rock Creek Park à Washington.

Le romancier Gore Vidal, mort mardi à l'âge de 86 ans, était une institution irrévérencieuse de la littérature américaine. Moins connu à l'étranger que Norman Mailer ou Truman Capote, il se signale par son goût de la provocation mais aussi une culture et une puissance de travail hors du commun. Fils d’un officier de l’armée de l’air américaine, petit-fils de sénateur et cousin de l’ex-vice-président américain Al Gore, Eugene Luther Gore Vidal, qui deviendra à 14 ans simplement Gore Vidal, naît le 13 octobre 1925 à l’Académie militaire de West Point dans une famille patricienne.

 

Ses parents divorcent, sa mère se remarie à Hugh Auchincloss, qui épousera ensuite la mère de Jackie Kennedy. Gore Vidal deviendra l’ami intime du président Kennedy et de sa famille.

 

En 1948, il choque la critique américaine avec son troisième roman, Un garçon près de la rivière, calme plaidoyer homosexuel. Le héros s’inspire d’un amour de jeunesse, Jimmy Trimble, tué dans le Pacifique alors qu’il était dans les Marines.

 

Vidal, qui vivra en Italie avec Tennessee Williams et aura l'écrivain Jack Kerouac comme amant, s’insurge contre le conservatisme moral et sexuel. L’identité sexuelle sera à nouveau le thème de son roman Myra Breckinridge (1968).

 

Il découvre Paris après la deuxième guerre mondiale. «La France fut, après la guerre, le centre de la civilisation», dit-il en 1999 à l’AFP, «j’y ai alors vécu une période extraordinaire, en compagnie d’artistes comme Jean Cocteau, André Gide».

 

Eclectique, il explique la relative désaffection du public français à son encontre par le fait qu'«en France, vous avez besoin de mettre les gens dans des catégories».

«Je fais tout ce qui m’amuse, mais, dans tous mes livres, la voix reste la même», insiste cet homme qui vivra 32 ans à Ravello (Italie), près de Naples, avant de regagner définitivement Los Angeles en 2005 pour raisons de santé.

 

Il a écrit 25 romans, inspirés de l’histoire et de la vie politique américaines (Burr, Lincoln, 1876...) ou satiriques (Kalki, Duluth), une dizaine de volumes d’essais, des pièces de théâtre et des scénarios de film (Soudain l'été dernier, Ben-Hur...). Son autobiographie, Palimpseste (1996), a été traduite en français en 2006.

 

Filmé par Fellini dans Roma, il est connu pour sa participation à des débats télévisés musclés et a été candidat malheureux à des mandats politiques sous les couleurs du Parti démocrate en 1960 et 1982. Hostile à toute intervention américaine à l'étranger, il regrette même la participation des Etats-Unis à la seconde guerre mondiale, une position qui fait scandale.

L'âge n'émousse pas sa combativité : à 81 ans, il critique férocement le président républicain George Bush, l’accusant d'être arrivé au pouvoir à la faveur d’une fraude électorale et lui reprochant d’agiter la menace terroriste après les attentats du 11-Septembre.

 

«C'était un coup d’Etat», déclare-t-il ainsi à l’AFP en 2006. «Maintenir les gens sous la coupe de la peur est une grande manipulation totalitaire apprise auprès des dictatures européennes des années 1930».

Repost 0
7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 16:10

4579297338_8cd0cc91e0.jpg

 

 

Françoise Sagan racontée par son fils Denis Westhoff dans un livre de souvenirs. Parfois anecdotique, souvent profondément attachant.

“La place toute privilégiée que j’ai occupée aux côtés de ma mère me place aujourd’hui dans une position aussi inédite que désignée, celle d’un redresseur de torts de biographies.” Dès l’introduction, le fils de Françoise Sagan et de Bob Westhoff annonce la couleur. Tout au long de son texte, il semblera vouloir racheter la réputation de sa mère sans qu’on sache véritablement quels torts lui auraient faits les ou surtout LA biographe (Marie-Dominique Lelièvre ?) contre laquelle il semble écrire.

Au fond, la question que pose ce livre de souvenirs (car c’est bien de cela dont il s’agit) est la suivante : les enfants d’artistes sont-ils les mieux placés pour évoquer leurs parents ? Car à trop vouloir raconter son enfance, Denis Westhoff nous parle un peu trop longuement de lui-même, sans parvenir à nous passionner. Et quand il s’agit de sa mère, son récit abonde de détails anecdotiques certainement charmants pour un enfant mais de peu d’envergure pour un lecteur – ainsi, rien ne nous sera épargné des chiens qu’elle posséda…

On pourrait s’agacer, sauf que peu à peu surgit en filigrane le portrait d’une femme humaine, profondément humaine, respectueuse de la liberté et de la vie d’autrui, se mettant en colère contre le racisme ou la précarité, donnant des milliers de francs aux plus démunis qu’elle croisait dans la rue ou qui lui écrivaient. Une femme qui incarna la modernité de son temps mais qui sut également – libre de tout, y compris des étiquettes dont on l’affubla – s’indigner contre la vulgarité de celui-ci.

“Ma mère était parfois si révoltée par notre bêtise, nos inepties, notre vanité, qu’elle en arrivait à souhaiter qu’une révolution emportât tout sur son passage. (…) Les injustices, les inégalités – déjà accablantes à l’époque – nourrissaient régulièrement sa colère.”

Son incapacité à gérer l’argent ou plutôt, son désir de le claquer, de ne pas le fixer, de ne pas se fixer elle-même, toujours en flux, en mouvement. Son goût de la nuit pour ses rencontres : “Ma mère aimait ces mythomanes de la nuit. Les mythomanes sont des gens le plus souvent charmants, disait-elle, car ce sont des gens forcément poétiques puisqu’ils doivent trouver tous les moyens d’embellir la vie. (…) Et puis ces gens mentent pour plaire, et lorsqu’on veut plaire on est toujours charmant. Ma mère préférait cent fois qu’on lui raconte une histoire incroyable mais fausse, plutôt qu’un récit banal, ennuyeux, mais plein de vérité.”

Le charme d’une vie disparue, d’un monde englouti, de personnages flamboyants qui n’existent plus mais d’une oeuvre qu’on ne se lasse pas de lire et de relire, c’est cela qu’au final restitue cette lettre d’amour fou d’un fils à sa mère.

 

Sagan et fils de Denis Westhoff (Stock), 250 pages, 19 euros.

 

 

Repost 0
30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 12:32

 

DSC02762.JPG

Christian Soleil à Copenhague - Copyright Ray Chen - 2012 

 

 

Christian Soleil publie aux éditions Edilivre un nouvel ouvrage intitulé "Le Roman d'Avignon". L’auteur nous invite à une promenade personnelle et intime dans le dédale des ruelles d'Avignon, à travers la riche histoire de la ville et ses souvenirs personnels. Un ouvrage foisonnant, attachant, tendre, qui dit bien la passion de l'auteur pour l'ancienne cité papale qui revêt, une fois l'an, les atours de son festival de théâtre. L'une des plus italiennes de nos cités. Avignon n'est devenue Française qu'après la Révolution. C'est peut-être ce qui fait d'elle, à travers l'écriture sensible de Christian Soleil, un électron libre dans l'Hexagone, une ville foisonnante, bigarrée, cosmopolite, un carrefour de rencontres, d'échanges et de partages. Ce livre permet aux amoureux d'Avignon de comprendre les raisons de leur passion, et aux autres de la partager.

 

Christian Soleil, originaire de la région lyonnaise et stéphanoise, a choisi de s'installer dans le Vaucluse pour son histoire, son soleil, ses cigales, ses pins d'Alep, ses paysages impressionnistes et la langueur exquise de ses interminables soirées d'été. Le reste du temps, il exerce le métier de conseil en communication et en management en France et à l'étranger.

 

Le roman d'Avignon

Au coeur du Vaucluse

Par Christian Soleil

Format : Roman (134x204)

Nombre de pages : 182

Date de publication : 28 juin 2012

Disponibilité : En stock

Repost 0
18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 02:44

Le libertin n'est pas seulement cet aristocrate désoeuvré et décadent qu'on a pris l'habitude d'imaginer. Le libertinage est d'abord un courant de pensée radicale qui a traversé toute l'Europe, de la Renaissance à la Révolution française.

Histoire du libertinageA l'origine des Lumières, de la pensée affranchie de tout dogme, le libertinage a contribué à façonner notre société. De Montaigne à Sade en passant par Cyrano de Bergerac ou Dom Juan, découvrez l'histoire d'une liberté de penser pas comme les autres.

S'affranchir de tout dogme

Désigner ceux qui s'affranchissent des règles sociales par un surnom méprisant a d'abord été l'apanage de leurs ennemis. Les « libertins », ce sont d'abord, dans la société genevoise stricte mise en place par Jean Calvin au XVIe siècle, ceux qui ne se retrouvent pas dans les règles de vie protestante imposées dans la ville suisse. Les premiers libres-penseurs, que Calvin appelle « libertins » en référence au latin « libertinus », les esclaves affranchis de la Rome antique. La Renaissance voit alors se multiplier penseurs et humanistes qui réagissent contre le poids que la religion catholique impose sur l'Europe depuis le Moyen-âge. Tel Montaigne, qui invente le concept de scepticisme à l'égard de tout dogme dans ses Essais ou Giordano Bruno, un ancien moine italien devenu philosophe qui finit sur le bûcher, en 1600, pour avoir clamé que l'univers est infini.

Le libertinage est donc le courant de pensée de tous ceux qui veulent conquérir la liberté d'un homme qui vit uniquement selon les règles de la nature.

C'est au XVIIe siècle que l'esprit évolue. Avec le règne d'Henri IV et celui de Louis XIII, la société évolue et les moeurs s'allègent. Le libertin devient alors un intellectuel épicurien. Comme « les messieurs du Marais », un groupe de jeunes aristocrates érudits qui profitent de la vie et ses plaisirs. Athées, débauchés et aimant le luxe, ils s'inspirent des pensées de l'Italien Giulio Cesare Vanini pour publier textes satyriques ou érotiques de façon anonyme. Parmi eux, le célèbre Théophile de Viau, le poète le plus lu de tout le XVIIe siècle.

Profiter des plaisirs de la vie

Ces libertins se réfèrent alors à un certain « libertinisme » ou libertinage savant, qui influencera d'autres auteurs comme Cyrano de Bergerac ou Pierre Gassendi. Mais c'est Pierre Bayle qui fait office de vrai penseur libertin. Dans son livre Pensées diverses sur la comète (1683), il développe l'idée qu'un libertin peut être athé et vivre avec sa propre morale. Chose inimaginable à l'époque.

Car, durant tout le XVIIe siècle, le libertin est connu pour être un homme aux moeurs légères. Le personnage de Dom Juan est popularisé par Molière, et avec lui l'idée qu'un libertin profite de ce courant de pensée pour s'affranchir de toute morale. Cette image de l'aristocrate dépravé prend toute sa consistance au XVIIIe siècle. En même temps que les philosophes des Lumières voient dans la liberté un idéal à atteindre dans la quête du bonheur, le roman libertin apparaît et devient un genre littéraire particulier. La mort de Louis XIV, en 1715, signe l'apparition d'un nouveau libertinage de moeurs.

L'amour de la liberté

Les oeuvres libertines du XVIIIe siècle sont ouvertement érotiques, comme les contes de Voltaire ou de Diderot. Mais il s'agit également de récits initiatiques, où un jeune aristocrate entre dans la société pour y apprendre ce qu'elle cache de plus licencieux. Le roman de Vivant Denon, Point de lendemain, est tout à fait représentatif de ce style. Mais c'est sans aucun doute Les liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos, qui fait référence.

Le libertinage prend alors toute son ampleur, et se retrouve même dans les peintures de Boucher, Watteau ou Fragonard. La fin du XVIIIe siècle est l'apanage des auteurs libertins, comme le comte de Mirabeau, Restif de la Bretonne ou Sade, le Divin Marquis, sans doute l'auteur le plus extrême de la pensée libertine. La philosophie dans le boudoir est son véritable essai libertin, tant ce livre appelle l'Homme à s'affranchir de la morale, Dieu ou toute norme sociale, pour n'écouter que la Nature et ses instincts. Légitimant ainsi, par exemple, les pires des méfaits, comme le meurtre.

Avec la Révolution française, le libertinage perd sa principale raison d'être. Les libertins sont légitimes parce qu'ils vivent dans une société aux carcans solides. Brisés par 1789, la société française se transforme et les libertins n'y font plus figure de « libres penseurs ». Depuis lors, le libertinage ne se réfère qu'à la dépravation et au relâchement moral, n'ayant plus aucune connotation intellectuelle. Il n'y a qu'Aragon, au XXe siècle, pour s'affirmer libertin. Le poète surréaliste se voit comme tel parce qu'il définit le libertinage comme « l'amour de la vie, des idées et de la liberté ».

Repost 0
18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 02:31
 
Elle avait enflammé les pistes de danse du mond entier avec ses tubes entraînants. Beaucoup se souviennent d'ailleurs de la reprise mythique de son hit "Hot Stuffs" par les apprentis stripteaseurs du film britannique The Full Monty. Donna Summer, considérée comme la reine du Disco, est décédée, jeudi, à l'âge de 63 ans, rapporte le site américain spécialisé dans les célébrités.
 
Selon TMZ, la chanteuse a succombé à un cancer contre lequel elle luttait depuis plusieurs mois, dans sa maison de Floride. "Tôt ce matin, nous avons perdu Donna Summer Sudano, une femme pleine de talents, le plus grand étant sa foi", a indiqué sa famille dans un communiqué.
 
Pourtant, des sources proches qui étaient avec elle il y a quelques jours seulement, indiquent qu'elle avait l'air en bonne forme. TMZ avance qu'elle était même en train de finaliser un nouvel album sur lequel elle travaillait. Véritable icône des 70's, elle avait remporté cinq Grammys Awards.
Repost 0
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 11:06

Jean Cocteau, unique et multiple

Autoportrait extrait du Mystère de Jean l'oiseleur, Champion, 1925. Dessin n° 6© Comité Jean Cocteau

12 mai 2012 - 2 septembre 2012

Le musée Fabre de Montpellier agglomération met à l’honneur aujourd’hui, en partenariat avec le centre de recherche Rirra21 de l’université Paul-Valéry Montpellier III et grâce au soutien de la BU Lettres de Montpellier, de la Drac et du comité Cocteau, Jean Cocteau, unique et multiple, une exposition consacrée à cet artiste pour qui la poésie était au-dessus de tout.

Du 12 mai au 2 septembre 2012, une sélection du fonds de l’université Paul-Valéry, faite d’affiches, de dessins, livres illustrés, photos, manuscrits, objets, séquences de films inédites, est à découvrir dans la salle des modernes et la salle Jean Hugo du musée. Cette exposition, préparée par des chercheurs du centre de recherche Rirra21, qui organise régulièrement des actions autour du poète, et menée sous le commissariat des professeurs Pierre Caizergues et Christian Rolot, est soutenue par Pierre Bergé, président du Comité Cocteau et titulaire exclusif du droit moral sur l’oeuvre de Jean Cocteau. le fonds Cocteau de l’université paul-Valéry a été créé en 1989 à l’occasion du centenaire de la naissance du poète, et n’a cessé depuis lors de s’enrichir au point de devenir, avec ses quelque six mille trois cents pièces, l’un des fonds parmi les plus riches et les plus prestigieux sur Jean Cocteau et son époque.
À l’occasion de l’exposition, et pour servir de catalogue, le Centre Rirra21 publie un DVD-Rom augmenté d’un livre de 64 pages : Jean Cocteau unique et multiple, Pierre-Marie Héron (dir.), préface de Pierre Bergé, Montpellier, Editions l'Entretemps, 20 euros TTC. Une collaboration Rirra21 (université Montpellier III) / Nova Média production / éditions l'Entretemps. En vente à la librairie-boutique du Musée.

Repost 0
5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 04:26

 

6720555959_585430b9b1.jpg

 

 

Angelica Vanessa Garnett est morte ce vendredi 4 mai au matin dans la chambre d'une clinique à Aix-en-Provence. C'est une belle nouvelle triste. Triste, parce que j'étais son ami. Belle, parce qu'elle n'a pas souffert, parce qu'elle était prête, parce que mourir à la fin d'une vie, comme disait Léonard de Vinci, c'est comme se coucher après une vie bien remplie. Et la sienne l'aura été, remplie.

 

Non, sa mort n'est pas triste. Si je suis triste aujourd'hui, c'est pour des raisons égoïstes. Parce que je ne pousserai plus jamais la porte en bois bleu qui donne accès au jardin luxuriant de sa maison de Forcalquier. Parce que je ne frapperai plus jamais à la vitre de la porte-vitrée entrouverte sur le salon. Parce que je n'embrasserai plus jamais son visage ridé et souriant. Parce que sa chatte Pussy ne sautera plus sur mes genoux par surprise. Parce qu'elle ne me proposera plus jamais un verre de whisky selon un rituel convenu : « Un verre de whisky ? Ce n'est pas le meilleur – Non mais c'est un Grant's ». Toujours du Grant's, le nom de son père. Jamais du Bell's, celui de sa mère, celui qu'elle portait jeune fille.

 

Jamais plus elle ne me montrera dans son studio à l'étage ses dernières peintures. Jamais plus je n'irai chercher ma voiture pour la poster à l'entrée de l'étage afin qu'elle puisse grimper plus aisément à l'intérieur. Jamais plus nous n'irons déjeuner dans l'un de ces bistrots de village qui sont légion au cœur du Luberon. Son préféré était le Bistrot de Pierrerue, tenu par un couple d'Américains, comme la plupart des établissements de la région.

 

Angelica Garnett était née en 1918 en Angleterre. Elle était la fille des peintres Vanessa Bell, sœur aînée de Virginia Woolf, et Duncan Grant. Je l'avais contactée il y a des années pour recueillir ses souvenirs sur sa célèbre tante, sur laquelle je préparais un essai, puis sur son père, sur qui je devais publier une biographie en deux tomes en 2012. Je viens de terminer un livre sur son frère, le poète socialiste Julian Bell, mort dans la guerre d'Espagne en 1937. Elle aura juste eu le temps de le lire.

 

Elle-même était devenue peintre et femme de lettres. On la présentait partout comme la dernière représentante du groupe de Bloomsbury. Une caractéristique qu'elle refusait totalement, se voulant indépendante, ayant fui l'Angleterre pour faire enfin sa vie, loin des affres d'une famille que Freud aurait sans doute adorée.

 

Après des études dans l'Essex, elle visite Rome et Paris en 1935. Elle épouse l'écrivain David Garnett en 1942 mais ils se séparent en 1961 après avoir eu quatre enfants. Elle quitte l'Angleterre en 1984 et s'installe dans le sud de la France. Elle expose ses œuvres, notamment à la galerie Gage à Londres et à la galerie Antonio Jannone à Milan.

 

Angelica avait publié une autobiographie an début des années 1980, Deceived with Kindness (Trompeuse gentillesse), démythifiant le cercle de Bloomsbury et provoquant par là une véritable polémique. Le livre avait reçu le prix Ackerley. Elle avait ensuite publié une série d'essais et plus récemment un recueil de nouvelles d'inspiration très autobiographique.

 

Repost 0