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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 05:01
Christian Soleil signe la nouvelle bio de Jean Marais

Jean Marais, on connait. L'acteur de "L'Eternel retour", de "La Belle et la Bête", l'incarnation de l' "Orphée" de Cocteau et de mille autres rôles romantiques, le héros des films de cape et d'épée, le type qui ose casser la gueule au journaliste collabo Alain Laubreaux en pleine Occupation : la figure est célèbre, attachante, appréciée des Français.

En travaillant sur Cocteau, au début des années 1990, Christian Soleil est amené à rencontrer Marais à de nombreuses reprises. Jeannot offre à Christian ses dessins, échange avec lui une volumineuse correspondance, lui donne des interviews quand le jeune homme devient journaliste, accepte de signer la préface de son premier ouvrage sur Cocteau (sept autres suivront dans les quinze années qui suivent).

A présent l'heure est venue pour Christian Soleil de remercier celui qui lui ouvrit grand les portes de son passé. La nouvelle bio de Jean Marais que signe Christian Soleil est placée sous le signe de la reconnaissance et de l'amitié. Elle n'élude aucun aspect de la vie du comédien, avec une pudeur caractéristique qui est la marque du respect de Christian Soleil pour les sujets qu'il traite.

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 04:57
Allô, c'est Barbara, la chanteuse, par Christian Soleil

Le nouveau livre de Christian Soleil, à paraître courant mars 2014, est un portrait attachant de la chanteuse Barbara. Au cours des années 1980 et 1990, jusqu'à la mort de Barbara en 1997, Christian Soleil a beaucoup côtoyé Barbara. Admirateur puis journaliste, il a eu à de maintes reprises l'occasion de l'interviewer, de la retrouver dans sa loge, d'assister à des répétitions.

Ce livre est le récit de ces rencontres. Il révèle un personnage méconnu, une dame drôle, vive, optimiste et joyeuse, d'une simplicité et d'une disponibilité qui en surprendront plus d'un.

A lire absolument !

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 20:13

A local legend relates how the stone ring of Callanish was found many hundreds of years ago by a farmer looking for large rocks to build a wall. Wandering across the desolate wind-swept moors of the Isle of Lewis, the farmer came upon a single large stone jutting from the ground. With the intention of removing the stone, the farmer began to dig for its base. As he dug deeper into the earth, other stones began to appear until finally he had brought to light the ancient ring of Callanish. Whether or not this popular legend is true, we do know that the stones of Callanish were indeed slowly covered by peat moss during the many thousands of years since the site was abandoned.

Archaeological excavation at the site has determined a construction period as early as 3400 BC and paleoclimatology studies have shown that ring's use as an astronomical observation device may have ended sometime around 1500 BC. About this time the weather in much of northern Europe cooled, the previously clear skies clouded over, and consistent astronomical observations thereby became impossible. The site of Callanish was abandoned and the slow-growing peat moss relentlessly inched up and over the standing stones.

While the stones shown in the photograph are the most prominent and visually striking objects in the area, they are only one part of a large cluster of some twenty megalithic ruins within a two mile radius. The ring itself seems to have originally been set at the center of a cross shaped arrangement of standing stones approached by an avenue of stones 270 feet long, of which only nine remain standing. As it now exists the ring is composed of thirteen stones, the tallest being 15.5 feet tall (4.72 meters) and weighing 5 - 6 tons. Recent astronomical surveys conducted at the ring have suggested various alignments of the stones including an orientation with the Pleiades in 1330 BC, Capella in 1720 BC, and Altair in 1800 BC. While there is no scientific agreement concerning these orientations, it is generally believed that Callanish functioned as an astronomical calendar associated with the moon and that it accurately marked the 18.61 year cycle of maximum lunar declination.

According to this author's interpretations, the ring of Callanish, like many other similar structures in Europe, had both an astronomical observation function and a sacred temple function. The stones were used as sighting devices to track the rising and falling of celestial bodies in order to predict in advance of their occurrence particular periods in the cycles of those bodies. During those periods the stones in the center of the ring became the focus of ceremonial actions. In support of this idea it is noteworthy to mention that the gneiss rock of which the ring is constructed is thickly embedded with a variety of crystal types including white quartz, feldspar and hornblende. Furthermore it has been found by the sacred site energy-monitoring studies of Paul Devereux's Dragon Project, that during the solstice period the radiation readings at Callanish doubled in intensity. Exactly how and why the prehistoric builders used the rings we may never know, yet a hint is perhaps offered by an old legend which states Callanish to be an auspicious place to consummate a marriage (for places with similar legends, see photos and text of Paestum, Italy and Cerne Abas, England).

Callanish : a stone circle on the Isle of Lewis
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 12:30
Patrice Chéreau est mort

Le metteur en scène et réalisateur Patrice Chéreau est mort ce lundi 7 octobre selon le quotidien Libération. Âgé de 68 ans, il est décédé des suites d'un cancer du poumon. Patrice Chéreau était l'un des maîtres de la scène européenne depuis plus de quarante ans, au théâtre comme au cinéma ou à l'opéra. Sa dernière mise en scène, "Elektra" de Richard Strauss, a été ovationnée en juillet au festival lyrique d'Aix-en-Provence.

"Il était d'une vitalité extraordinaire jusqu'au bout", a déclaré à l'AFP Elisabeth Tanner, co-dirigeante d'Artmedia, l'agence artistique qui le représentait, confirmant son décès annoncé plus tôt par Libération. Le directeur de l'Opéra de Paris, Nicolas Joel, qui a été l'assistant de Patrice Chéreau sur le fameux "Ring" de Wagner à Bayreuth en 1976, s'est dit "bouleversé".

"Il m'avait fait l'honneur de m'appeler auprès de lui comme assistant au Festival de Bayreuth pour le Ring du centenaire. Je garde de ce compagnonnage un souvenir ébloui qui ne fait qu'ajouter à l'émotion qui m'étreint ce soir", a-t-il déclaré à l'AFP. Olivier Py, qui avait été "très soutenu par Patrice Chéreau" lorsqu'il avait été évincé de la direction du théâtre de l'Odéon en mars 2011, a fait part de "son immense tristesse".

"C'était un metteur en scène d'une grande culture, et d'une extrême délicatesse, traversé par une inquiétude, même après tout ce qu'il avait fait. J'ai adoré ses films, que j'ai vu adolescent, il faut dire que c'est aussi un très grand cinéaste, en plus d'une grand metteur en scène de théâtre et d'opéra", a-t-il dit.

Théâtre engagé à gauche

Né le 2 novembre 1944 dans le village de Lézigné (Maine-et-Loire) où une rue porte son nom, il grandit à Paris. Son père peint, sa mère dessine. A 16 ans, il rejoint le groupe théâtral du lycée Louis-le-Grand. A 21 ans, il monte Marivaux au festival de Nancy. A 22 ans, il prend la direction de son premier théâtre à Sartrouville (Yvelines).

Il y rencontre Richard Peduzzi, qui deviendra son décorateur exclusif. Il pratique un théâtre engagé à gauche trois ans durant, avant de partir au Piccolo Teatro de Milan (Italie) en 1969. En 1972, Roger Planchon le fait nommer co-directeur du Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne où il reste jusqu'en 1981. Il monte notamment "La Dispute" de Marivaux (1973) et "Peer Gynt" d'Ibsen (1981).

De 1982 à 1990, c'est l'aventure du Théâtre des Amandiers de Nanterre (Hauts-de-Seine), qu'il dirige et où il met en scène Bernard-Marie Koltès, Jean Genet et -toujours- Marivaux, tout en formant une nouvelle génération de comédiens français. Il joue lui-même dans des films d'Andrzej Wajda ("Danton", 1982) ou Youssef Chahine ("Adieu Bonaparte", 1985). Son "Hamlet" au Festival d'Avignon (1988) lui vaut cinq Molières.

Affecté par la perte de plusieurs amis morts du sida, dont Koltès en 1989, il se consacre ensuite davantage à l'opéra et au cinéma. Il revient à la mise en scène en 1995 avec "Dans la solitude des champs de coton", avant un "Phèdre" d'anthologie en 2003, puis "La Douleur" (2008) et "Rêve d'automne" de Jon Fosse au musée du Louvre (2010).

Cinq césars pour "La Reine Margot"

A l'opéra, il travaille avec Georges Prêtre ("Les contes d'Hoffmann", 1974) et surtout Pierre Boulez pour une Tétralogie à Bayreuth (1976), qui lui vaut une notoriété internationale, puis la création de "Lulu" en version intégrale (1979) et "De la maison des morts" en 2007. Il collabore également avec Daniel Barenboïm ("Wozzeck" en 1992, "Don Giovanni" en 1994, "Tristan et Isolde" en 2007), Sylvain Crambeling ("Lucio Silla" en 1984) et Daniel Harding ("Cosi fan tutte" en 2005).

Au cinéma, il tourne son premier film en 1974 ("La Chair de l'orchidée"), suivi de neuf autres souvent récompensés en France et à l'étranger, dont "L'Homme blessé" (1983), film très personnel sur une passion homosexuelle, "La Reine Margot" (1994) deux fois primé à Cannes et couronné par cinq Césars, ou "Ceux qui m'aiment prendront le train" (1998). Il préside en 2003 le jury du Festival de Cannes qui donne la palme à "Elephant" de Gus Van Sant.

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 11:37

Les élections municipales se profilent à l’horizon de l’année 2014. A peine vient-on de passer la rentrée que déjà les principaux candidats se sont déclarés, qu’ils soient déjà entrés en campagne parce qu’il faut le temps de se faire connaître et reconnaître des futurs électeurs potentiels, qu’ils en soient sortis définitivement pour prendre la distance nécessaire à une évaluation réelle des enjeux ou qu’ils aient souhaité clarifier leur position dans un souci de clarté démocratique sans pour autant sacrifier au jeu des attitudes et des postures.

C’est la première distinction que l’on peut faire des candidats principaux, ceux qui ont quelque chance de l’emporter au printemps prochain : bal des egos contre projet en construction, division compétitive contre volonté de rassembler.

La volonté de rassembler est forte à droite si l’on en juge par le nombre de rassembleurs. Chacun est conscient de la nécessité d’instaurer une cohérence dans son camp – mais doit-on parler au singulier ? Après l’échec de 2008 appuyé sur une division de la droite, moins sur les projets que sur les hommes, chacun veut incarner le rassemblement. Mais si la lucidité règne sur l’analyse des raisons de l’échec, il en va tout autrement dans la pratique : Gaël Perdriau, investi par l’UMP, est parti tôt et sans concertation. Il est vrai qu’il doit se construire une notoriété et une image et que cela ne se fait pas en quinze jours. Il se veut le candidat du rassemblement et déclare qu’il s’est déclaré « de manière libre et indépendante des partis politiques » avant de recevoir l’investiture de l’UMP et qu’il « s’inscrit dans une dynamique d’union et de rassemblement ». L’étiquette UMP serait-elle lourde à porter en ces temps d’indécision stratégique et de tentations multiples au plan national ?

Dans le même camp, ou dans le camp voisin, cousin, ami, on ne sait plus trop comment dire, bref à l’UDI, on observe depuis quelques semaines d’autres candidatures annoncées. L’UDI est en soi un rassemblement, surtout au niveau local où elle regroupe les ennemis d’hier, Michel Thiollière et son adjoint Gilles Artigues longtemps accusé d’avoir provoqué la chute de la droite en présentant sa propre liste au scrutin de 2008.

Michel Thiollière, qui se consacre à la vice-présidence du Conseil européen des régulateurs d’énergie (CEER) où il a été nommé en avril 2010 et à l’association des régulateurs méditerranéens de l’électricité et du gaz (« Mediterranean energy regulator ») qu’il préside depuis un an, a décidé au milieu du mois de septembre de ne pas se présenter de nouveau. Pas facile de retrouver une mairie que l’on a perdue, une rapide observation des élections municipales en France le démontre. Pas facile de rassembler un nombre aussi important de rassembleurs, il en a déjà fait l’amère expérience. Michel Thiollière est un homme de projets et il a fini par comprendre qu’il serait bien délicat de mettre en œuvre ses idées pour la ville dans une situation politique locale si délicate et avec des partenaires qui ne lui paraissent pas partager ses ambitions pour Saint-Etienne.

Il soutient donc, sans ferveur particulière si l’on en croit ses déclarations, la candidature de Georges Ziegler à la mairie, l’UDI réservant en cas de victoire la communauté d’agglomération à Gilles Artigues, son ancien adjoint puis adversaire. C’est un peu comme si, pour lui, l’échec était annoncé et qu’il préfère l’éviter. Il aura en effet tout fait pour se donner le temps de la réflexion et pour orchestrer un retour probablement souhaité. Son retrait en dit long sur sa vision pessimiste de son camp et de la ville. Qui plus est, les divisions de personnes, à peine voilées par la candidature de Georges Ziegler, renvoient aussi à des différences profondes sur les orientations de fond.

A gauche, Maurice Vincent vient d’annoncer qu’il repartait en campagne. Il souhaite voter la loi contre le cumul des mandats et annonce qu’il ne se présentera pas aux prochaines sénatoriales afin de se consacrer exclusivement à son mandat de maire. Quant à la communauté d’agglomération, il estime trop tôt et quelque peu indécent de décider avant l’élection qui se présentera à sa présidence, puisque ce sera la tâche des maires et des conseillers qui seront élus aux municipales.

Ceux qui le soutiendront mettront en avant ses réalisations, et parmi elles la sécurisation de la dette, la baisse du prix de l’eau, le ticket de transports d’une heure et demie ou le travail effectif sur la proximité noatmment. Les autres critiqueront son cumul de mandats quand bien même la droite a voté contre la fin du cumul, le manque de grands projets ou les défaillances esthétiques de quelques lampadaires. Maurice Vincent, en attendant, continue de gérer la ville avec son équipe et de prendre ses décisions, celles qui concernent la ville comme celles qui concernent sa candidature, son programme et ses partenaires, avec la patience, le calme et la sérénité de la tortue de la fable. La chasse aux lièvres est donc ouverte.

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 16:54
Jean Cocteau 50 ans après

Le département des Commémorations nationales du ministère de la Culture m'a commandé pour son recueil 2013 un texte à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Jean Cocteau : le voici.

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Jean Cocteau

Étude pour le portrait en pied de Jean Cocteau
Huile sur toile de Jacques Émile Blanche, 1912 - Musée des Beaux-Arts de Rouen
© C. Lancien, C. Loisel / Musées de la Ville de Rouen

Le 11 octobre 1963, apprenant la mort de son amie Édith Piaf, Jean Cocteau est pris d’étouffements. Quelques heures plus tard, il traverse enfin le miroir dans sa maison de Milly-la-Forêt, celle où il écrivait quinze ans plus tôt les premières lignes de La Difficulté d’Être : « J’en pleurerais. Pas de ma maison ni de l’avoir attendue. D’avoir dit trop de choses à dire et pas assez de celles à ne pas dire ». N’a-t-il pas passé sa vie à flirter avec l’au-delà ? N’a-t-il pas œuvré toute son existence à préparer son éternité, justifiant la déclaration funeste de son Antigone : « Le temps où je dois plaire aux morts est plus important que celui où je dois plaire aux vivants » ?

« Trente ans après ma mort, je me retirerai, fortune faite ». Cette déclaration, dans son court-métrage Jean Cocteau s’adresse à l’an 2000, quelques mois avant sa disparition, s’avère prémonitoire. Trois décennies de purgatoire : trop présent dans les médias, à la pointe de la mode artistique – qu’il précède souvent –, Cocteau souffre de ses succès répétés et multiples, du caractère inclassable de son œuvre, et des mauvaises mœurs que la bonne société lui prête – « la seule chose qu’on vous prête sans jamais demander qu’on vous la rende ». Mais ce n’est pas seulement la faute de son époque si cet homme, pour qui tout fut difficile, s’acharnait à gommer le travail par le travail, donnant à ses réalisations un parfum de légèreté.

Né à Maisons-Laffitte le 5 juillet 1889 dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle, Cocteau découvre très tôt le théâtre. D’abord par l’imagination en regardant sa mère se préparer pour sortir selon un rituel immuable, puis en arpentant dès l’âge de six ans les salles rouge et or. Il a neuf ans quand son père se suicide, projetant sans le savoir sur tout l’œuvre à venir de son fils un écho mortifère. Au lycée Condorcet, le jeune Pierre Dargelos le fascine. Il en dessinera régulièrement la silhouette dans ses œuvres. Le « coup de poing de marbre » de la boule de neige lancée par le Dargelos mythique au début du roman Les Enfants terribles est une allégorie du choc érotique qui frappe le jeune Cocteau devant l’apparition du garçon. Cocteau n’a que vingt ans quand il publie La Lampe d’Aladin, un recueil de poèmes rédigés « à la manière de », où l’on reconnaît entre autres le style d’Anna de Noailles. Le tragédien Edouard de Max, qui est son ami, lui offre un récital de ses poèmes au théâtre Femina. Le Tout-Paris s’y presse. C’est la consécration pour le jeune poète que l’on surnomme déjà le « prince frivole ». Ce sera le titre de son deuxième recueil. Mais Cocteau ne se satisfait pas de ces enfantillages. Il reniera bientôt ces deux ouvrages trop « faciles » pour se consacrer à des œuvres exigeantes, profondes et démodées.

Véritable impresario de son époque, il collabore aux Ballets Russes de Diaghilev. Sa seconde naissance intervient une nuit, place de la Concorde, quand le chorégraphe lui lance, agacé par ses facéties et par sa proximité insistante avec son protégé Nijinsky, sa fameuse injonction fondatrice : « Étonne-moi ! » Jean Cocteau n’aura de cesse d’étonner le monde, d’étonner Paris, de s’étonner lui-même en cherchant en permanence dans sa création une « place fraîche sur l’oreiller ».

Il collabore au mouvement dada, devient l’ami et le porte-parole du Groupe des Six, rejoint pendant la Première Guerre mondiale un régiment de fusiliers marins malgré son exemption, vole avec Roland Garros. Il publie Le Coq et l’Arlequin, un ensemble d’aphorismes qui redéfinissent ce que doit être l’art ; de son expérience de la guerre, il tire Thomas l’imposteur, un roman bref, vif, coupant comme un diamant. En 1917, il crée le ballet Parade avec Picasso et Erik Satie. C’est la première œuvre « surréaliste » – Apollinaire invente pour l’occasion ce néologisme qui fera florès.

En 1918, Cocteau est fasciné par l’intelligence, le talent littéraire et les silences de Raymond Radiguet. Il le protège, l’introduit dans les cercles parisiens, fait publier Le Diable au corps. Il adopte les idées de cet enfant sur l’art et le considère comme un « père ». Mais Cocteau voit tout de suite que Raymond Radiguet lui est seulement « prêté » et qu’il faudra « le rendre ». Le jeune prodige meurt en 1923, âgé de vingt ans, « fusillé par les soldats de Dieu ».

Cette nouvelle disparition plonge Cocteau dans une longue dépression. L’opium sera sa bouée de sauvetage, mais le poète n’habitera jamais bien cette terre. Il va de cure de désintoxication en cure de désintoxication. La drogue et les visions qu’elles lui apportent parcourent tout son œuvre ; la souffrance des périodes de sevrage lui dicte quelques-unes de ses meilleures pages.

Les amitiés et les amours se succèdent. Cocteau fréquente les artistes de son époque et s’entiche de beaux jeunes gens qu’il domine intellectuellement et qui le protègent physiquement : Marcel Khill, Jean Desbordes, Jean Marais, plus tard Edouard Dermit qui deviendra son fils adoptif. Il est souvent sans le sou, toujours en quête de reconnaissance, parfois aidé par des amis, comme Coco Chanel, qu’il attendrit et agace à la fois.

Pacifiste durant l’Occupation, il accueille son vieil ami Arno Breker, devenu sculpteur officiel du Reich. Le geste d’un poète intemporel à un membre de la « patrie des artistes », difficile à comprendre pour ceux qui vivent dans leur époque tourmentée. Le comité d’épuration devant lequel il comparaît à la Libération l’acquitte : il a utilisé son contact avec Arno Breker pour sauver ses amis de la déportation.

Poésie, roman, théâtre, cinéma, dessin, peinture, fresque, poterie, céramique, danse : une telle prolixité embrouille les esprits étroits convaincus qu’il faut choisir entre les talents. C’est sans compter sur l’unité d’un œuvre qui procède comme les branches d’un même arbre. La fuite en avant de Cocteau dans une hyperactivité créatrice n’est pas le signe d’un esprit superficiel, mais d’une inlassable quête de profondeur. Son œuvre est parcouru par les thèmes de la nostalgie et de la solitude. « Il y a une île dispersée à travers le monde, et en quelque sorte l’art est un signal, un mot d’ordre pour retrouver des compatriotes. »

La fin de la vie du poète se caractérise par une « raclée d’honneurs » : il est fait docteur honoris causa de l’université d’Oxford, entre successivement à l’Académie française et à l’Académie royale de Belgique. Il accepte ces signes de reconnaissance au prétexte qu’il ne les a « pas mérités ». Il n’en saigne pas moins jusqu’à la fin de sa vie, insatisfait du monde et de lui-même, tourmenté toujours comme « un caméléon sur un plaid écossais. »

Christian Soleil
écrivain

Voir Célébrations nationales 1989, p. 111.

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 06:11

C’est la rentrée ! Christian Soleil publie un nouvel ouvrage sur le groupe de Bloomsbury aux éditions Edilivre – Aparis :

« Le groupe de Bloomsbury, un kaléidoscope anglais »

Par Christian Soleil

Prix de vente public :

  • 16,50 € en livre papier
  • 9,90 € en téléchargement

Résumé :

Le groupe de Bloomsbury est une nébuleuse insaisissable qui, pendant les dix années précédant la Première Guerre mondiale, eut une influence déterminante sur la vie culturelle anglaise. Littérature, biographie, peinture, économie, sciences sociales, politique, journalisme, peu de domaines lui échappèrent. Le noyau originel fut un petit groupe d'amis, tous étudiants à Cambridge entre 1899 et 1904 : Leonard Woolf (1880-1969), Lytton Strachey (1880-1932), John Maynard Keynes (1883-1946), Clive Bell (1881-1964), Thoby Stephen (1880-1906). Certains d'entre eux appartenaient à la société très exclusive des Apôtres, qui avait compté parmi ses membres de grandes figures victoriennes.

Biographie :

Installé dans le sud-est de la France, Christian Soleil travaille comme consultant en management et communication pour diverses entreprises et structures européennes. Il publie depuis l'âge de vingt ans des ouvrages dans les domaines les plus variés : roman, théâtre, essais, biographies, recueils de contes et légendes. Il puise son inspiration dans les grandes villes d'Europe, des Etats-Unis et du Japon, entre lesquelles il voyage dès que ses occupations professionnelles lui en laissent le temps. Il fut l'ami d'Angelica Garnett (1918-2012), nièce de Virginia Woolf, fille de Vanessa Bell et de Duncan Grant, pendant les dix dernières années de sa vie. Il est l'auteur d'ouvrages sur Virginia Woolf, Duncan Grant et Julian Bell, membres du groupe de Bloomsbury.

Thème : Roman historique

Nombre de pages : 196

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782332602411

ISBN livre téléchargement : 9782332602428

Date de publication : 09 septembre 2013

Christian Soleil publie un ouvrage sur le groupe de Bloomsbury
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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 21:59
Christian Soleil

Christian Soleil sur les traces de Bonnie Prince Charlie - Skye 2013

ORIGINES

Christian Soleil est un traducteur et un écrivain né en 1962 à Saint-Etienne. Après une formation commerciale (master 2 de l’ESC St Etienne en 1984), il mène de 1984 à 1988 une première expérience de journaliste dans la presse régionale tout en collaborant à plusieurs revues nationales d’information générale et culturelle. A partir de 1988 il devient chef de groupe produit chargé de la communication dans une grande entreprise industrielle (Sam Outillage St Etienne) puis chef de publicité en agence (Samouraï / Action Graphique). Il crée son propre cabinet de consulting en management et communication en 1991.

PRODUCTION LITTERAIRE

Il obtiendra par la suite un master de littérature anglaise et un master de littérature allemande (à Londres) puis un doctorate of business administration en marketing aux USA. En parallèle de ses activités de consulting, il publie régulièrement des ouvrages dans les genres les plus divers : après son premier roman publié en 1983, il a produit de nombreuses biographies et des essais biographiques (Jean Cocteau, Hervé Guibert, Michel Durafour, Vladimir Maïakovski, Virginia Woolf, Rupert Brooke, Elisabeth I d’Angleterre, Duncan Grant, Julian Bell, Marie Stuart, Léonard de Vinci, Michel-Ange, etc.), des romans, des recueils de contes et légendes populaires, des essais littéraires, mais aussi des ouvrages de management, de communication et de négociation. Michel Durafour, ancien ministre de Giscard d’Estaing et de Mitterrand, a préfacé plusieurs de ses livres.

TRADUCTIONS

Traducteur (anglais, allemand, français), il a notamment publié une traduction de La Cabane de dix pieds carrés, de Kamono Chômei, ainsi que des traductions de nouvelles et romans contemporains.

CONFERENCES

Conférencier, il intervient régulièrement sur les thèmes de ses livres (avec des problématiques disponibles sur simple demande sur Jean Cocteau, Hervé Guibert, Vladimir MaÏakovski, Virginia Woolf, le groupe de Bloomsbury, la culture japonaise, les techniques de négociation interculturelles, etc.) en français, anglais ou allemand. Il a notamment au cours des dernières années prononcé des conférence dans des médiathèques, pour l’université pour tous ou au sein d’université en France, en Europe et au Japon.

COLLECTION

Collectionneur d’art, il dispose d’une collection de tableaux, dessins et manuscrits de Jean Cocteau, Christian Bérard, Duncan Grant, Vanessa Bell, Angelica Garnett, Roger Fry, Edward Woolfe, Edward Burne-Jones, John Foulger, Haruhiko Yasuda, Henri de Montherlant, Dora Carrington, Wiiliam Rothenstein, Henry Scott-Tuke et quelques autres. Sa collection est à Londres et il la prête régulièrement pour des expositions.

ORGANISATION D’EXPOSITIONS

Il a enfin organisé plus ponctuellement des expositions d’œuvres plastiques de Jean Cocteau (en partenariat avec son ami Edouard Dermit, fils adoptif du poète), d’Angelica Garnett (nièce de Virginia Woolf et fille de Vanessa Bell et Duncan Grant) ainsi que des expositions de ses propres photographies en France, en Europe et au Japon.

Christian Soleil vit principalement en région Rhône-Alpes dont il est originaire mais il passe beaucoup de temps chaque année dans sa propriété du Luberon, dans son pied-à-terre de Londres et à chez des amis à Tokyo. Il prépare actuellement un ouvrage sur Angelica Garnett et un autre sur Bonnie Prince Charlie.

© 2013

Christian Soleil inrviewé sur RCF Fourvière 2012

Christian Soleil inrviewé sur RCF Fourvière 2012

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 23:08
Christian Soleil repeint la Sixtine

NOUVELLE PUBLICATION DE CHRISTIAN SOLEIL

« D’OMBRE ET DE LUMIERE, LA VIE SOLITAIRE DE MICHEL-ANGE »

D'ombre et de lumière

Par Christian Soleil

Prix de vente public :

  • 17,00 € en livre papier
  • 10,20 € en téléchargement

Résumé :

Frapper. Frapper encore. Heurter ce corps inerte. Faire voleter ses éclats, flocons de neige durs et glacés dans ce nuage de poussière blanche et fine où je me noie depuis toujours. Meurtrir la chair morte et immobile jusqu’à l’entendre hurler sa souffrance silencieuse : « Qui es-tu pour me blesser ainsi sans cesse ? Comment oses-tu t’arroger le droit d’user de moi comme bon te semble ? Tu me heurtes, tu me blesses, tu me tues à petite dose. Tes mains ne me caressent que pour renforcer la douleur du ciseau que tu enfonces dans mes côtes. Je devrais t’en vouloir mais je ne le peux pas. Et je suis incapable de comprendre pourquoi. » Tourmenté, talentueux, bougon et solitaire : tel est le Michel-Ange intérieur dont Christian Soleil nous présente ici le portrait.

Biographie :

Installé dans le sud-est de la France, Christian Soleil travaille comme consultant en management et communication pour diverses entreprises et structures européennes. Il publie depuis l'âge de vingt ans des ouvrages dans les domaines les plus variés : roman, théâtre, essais, biographies, recueils de contes et légendes. Il puise son inspiration dans les grandes villes d'Europe, des États-Unis et du Japon entre lesquelles il voyage dès que ses occupations professionnelles lui en laissent le temps.

Thème : Biographie

Nombre de pages : 206

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782332585684

ISBN livre téléchargement : 9782332585691

Date de publication : 15 juillet 2013

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 02:48
Christian Soleil publie "Eva Lopez, l'amour ne se refuse pas"

Christian Soleil a rencontré Eva Lopez en 2012 à Cavaillon. Le coup de foudre artistique fut immédiat et réciproque. Il aima sa voix, sa présence. Elle aima son écriture. Ensemble, il ont des projets de spectacles. Et d'abord, dès le 12 janvier 2014, Eva crée son nouveau show sur l'Italie au Chambon-Feugerolles, dans le département de la Loire, pas loin de chez Christian Soleil. Bien sûr, ce n'est pas une coïncidence.

"Eva Lopez, l'amour ne se refuse pas" est le nouvel opus de Christian Soleil. Un livre consacré à sa diva cavaillonnaise.

Résumé

Biographie de Christian Soleil

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