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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:19

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Un inédit en français de Kawabata (1899-1972), l’un des écrivains majeurs du vingtième siècle, premier Nobel japonais ? Oui, mais inachevé, commencé juste après l’attribution du prix en 1968, et toujours à l’état de manuscrit quand l’auteur se donne la mort quatre ans plus tard, le 16 avril 1972, dans un appartement du bord de mer. ‘Tristesse et beauté’ (1965), jusque là considéré comme son dernier texte, se voit ainsi prolongé par un autre qui donnera peut-être aux spécialistes une vision plus précise de l’œuvre. Il permet en tous cas de mieux cerner la dernière période de Kawabata, où s’imposent les thèmes de la mort et de l’érotisme. Par exemple, il y aurait sans doute une étude à mener sur le thème de la claustration et de l’enfermement : après la maison close (‘Les Belles endormies’, paru en 1960), c’est ici l’asile psychiatrique qui constitue le décor, ou plutôt le point de départ. Au centre du texte, invisible, Ineko, jeune femme atteinte d’un mal étrange : elle a des crises de cécité temporaire et partielle, qui la privent de la vision d’objets ou de corps. Sa mère et son compagnon, Hisano, se résignent à la faire interner dans un établissement psychiatrique, non loin du fleuve Ituka où « fleurissent des pissenlits à profusion ». De retour d’une visite, ils discutent : des arbres, de la nature autour d’eux, d’Ineko, de la folie, de tout, sans craindre les coq-à l’âne. En découle un livre qui tient du roman philosophique, méditatif et évanescent, et qui vaut pour ses qualités intrinsèques mais aussi bien sûr pour son éminente valeur testamentaire.    

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