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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 12:36
Christian Soleil publie un nouveau thriller, "La Mort frappe au soleil". Meurtres en Andalousie.

 

Christian Soleil publie un nouveau thriller aux éditions Mon Petit éditeur : "La Mort frappe au soleil". Un série de meurtres dans l'Andalousie contemporaine. L'intrigue se passe en partie dans le milieu des corridas que Christian Soleil connait bien pour y avoir effectué une série de reportages qui seront repris dans les cinq ouvrages qu'il prépare sur l'Europe.

"En rentrant chez moi, ce soir-là, après une rude journée à la rédaction du journal, je ne m'attendais pas à trouver l'immeuble cerné par la police, ma vieille voisine morte étalée sur son carrelage, l'arme du crime dans mon appartement et mon amie Maria, le lieutenant de police, dans un état d'ébullition totale ! Nicoletta bourrée à bloc et amnésique, en revanche, j'ai l'habitude. La nouveauté, c'est qu'elle avait toutes les raisons d'être la meurtrière. Mais quel rôle joue dans cette affaire Gabriella, la voyante menacée, qui élève sa mygale avec amour à l'étage supérieur ? Et Rafael, le jeune aveugle qui vend ses brosses en porte-à-porte ? Et Señor Outa, l'épicier marocain aux pratiques un peu louches ? Et le directeur du centre Sonrisa, que Nicoletta semble trouver si séduisant ?"
 
La Mort frappe au soleil, le récit d'une enquête à rebondissements, entraîne le lecteur au cœur de l'Andalousie moderne, où derrière les rangées d'hibiscus éclatants et les avenues bordées de palmiers rôde un monde interlope, secret et inquiétant. Florian, le jeune journaliste, va l'apprendre à ses dépens. Saura-t-il échapper aux mystérieux dangers qui le menacent ? Subira-t-il le coup de grâce à la fin de la corrida ou terminera-t-il sa course, épargné et reconnaissant, aux pieds de son ami torero ?
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 07:02

L’ensemble des phénomènes physiques connus peuvent s’expliquer à partir de seulement 4 forces dites « fondamentales ». Deux de ces forces nous sont assez familières : la force électromagnétique et la force de gravité ; les deux autres agissent seulement au niveau subatomique : la force nucléaire « forte », responsable de la cohésion des noyaux atomiques, et la force nucléaire « faible », qui intervient dans les processus de fission nucléaire.

 

Comme les physiciens théoriciens sont un peu maniaques, pour eux quatre forces c’est beaucoup trop. Et pour en réduire le nombre, on essaye de les réunir, on dit aussi « les unifier ». Pour les théoriciens, unifier les phénomènes permet d’en expliquer les points communs, de réduire le nombre d’hypothèses des théories et apporte en général un éclairage nouveau.

 

Un très bon exemple d’unification réussie, c’est l’électromagnétisme. Avant le travail dû à J. C. Maxwell au XIXe siècle, nous avions le champ électrique et le champ magnétique, qui semblaient deux phénomènes indépendants. Puis Maxwell a compris qu’ils n’étaient que deux manifestations différentes d’un même objet : le champ électromagnétique, lequel est également responsable de la lumière. Unifier l’électricité, le magnétisme et la lumière, c’est quand même balèze !

 

Alors dans les années 1940 et 1950, les théoriciens ont voulu essayer d’aller plus loin. Et un bon programme c’était d’essayer d’unifier l’électromagnétisme et la force nucléaire faible en une seule théorie. Le mélange des deux s’appellerait « la théorie électrofaible ». Mais construire la théorie électrofaible unifiée, ça n’est pas si simple ! Et pour comprendre d’où vient la difficulté, il faut s’intéresser aux différentes particules qui constituent notre univers.

 

On connait actuellement trente-six particules, considérées (pour l’instant) comme « élémentaires ». Ces particules se divisent en deux grandes catégories : les fermions et les bosons. Les fermions, ce sont toutes les particules qui permettent de constituer la matière. Par exemple les électrons, mais aussi les quarks, qui s’assemblent pour former les protons et les neutrons.

 

Les bosons eux ne servent pas à constituer la matière, mais sont les médiateurs des forces. Cela signifie que quand une force s’exerce entre deux particules de matière, cela se fait par l’intermédiaire des bosons. Pour comprendre ce principe, on peut prendre comme d’habitude une analogie mécanique.

 

Imaginez que vous soyez sur une patinoire avec un ami, immobiles et face-à-face. Supposons que vous teniez une boule de bowling et que vous la lanciez en l’air à votre ami. Quand la boule quitte vos bras, vous êtes propulsé en arrière, par effet de recul.

 

Mais quand la boule atterrit dans les bras de votre partenaire, lui aussi se trouve mis en mouvement. Donc après ce lancer, votre ami et vous, vous vous éloignez l’un de l’autre : tout se passe comme si la boule de bowling avait été le médiateur d’une force répulsive entre vous deux.

 

Avec les quatre forces fondamentales, c’est pareil : les bosons sont comme des boules de bowling, et servent de messagers des forces. Chacune des quatre forces fondamentales possède ses bosons attitrés. Pour la force électromagnétique, c’est tout simplement le photon. Pour la force nucléaire forte, ce sont les huit particules appelées gluons. Pour la force faible, on les appelle les bosons W. Pour la gravité, on ne les a jamais mis en évidence, mais on les appelle hypothétiquement les gravitons.

 

Revenons à notre ambitieux objectif : unifier l’électromagnétisme et l’interaction faible. Pour faire ça, on va profiter d’un petit miracle : en modifiant légèrement le formalisme mathématique qui fonctionne très bien pour l’électromagnétisme, on arrive à y mettre dedans l’interaction faible. En termes savants, on appelle ce formalisme les théories de jauge : on savait décrire l’électromagnétisme par une théorie de jauge, et on se rend compte qu’avec la force faible, une théorie de jauge marche très bien aussi. Alors, gagnée l’unification ?

 

En fait il y a un hic. Une théorie de jauge nous donne forcément un boson médiateur de masse nulle. Pour l’électromagnétisme, aucun problème, au contraire, puisque son boson médiateur (le photon) est justement de masse nulle. Mais pour la force nucléaire faible, pas de chance, on sait que les bosons W ne sont pas de masse nulle. Leur masse est environ 100 fois plus importante que celle du proton. Donc une théorie de jauge, ça n’a pas l’air d’être une bonne idée pour décrire la force faible !

 

Et pourtant, le physicien théoricien est obstiné, il tient à son unification. Alors les savants ont cherché un moyen de sauver leur théorie électrofaible unificatrice, en donnant « artificiellement » de la masse aux bosons W. Et c’est comme ça qu’ils ont inventé le mécanisme de Higgs. Mais avant de voir de quoi qu’il s’agit, je voudrais dire un mot du bien-fondé de cet acharnement unificateur.

 

Nous venons de le voir, à première vue l’unification de l’électromagnétisme avec la force faible, ça ne marche pas. Cela conduit à un boson W de masse nulle, alors qu’on sait que ça n’est pas le cas ! Peut-être aurait-il été raisonnable de laisser tomber l’idée, plutôt que de s’acharner avec un truc artificiel permettant de sauver notre belle théorie. Inventer quelque chose juste pour sauver une théorie, ça rappelle un peu la question du nombre de dimensions en théorie des cordes.

 

Et pourtant, dans ce cas précis, l’acharnement unificateur était justifié. En effet l’unification électrofaible prédit quelque chose d’inédit : en plus des bosons W que l’on connaissait déjà, la théorie unifiée affirme qu’il existerait un autre boson médiateur de la force faible, le boson Z. Cette prédiction a été faite par les théoriciens Glashow, Weinberg et Salam en 1968.

 

Et quelques années plus tard le boson Z a justement été mis en évidence au CERN ! Indirectement en 1973, grâce à la chambre à bulle géante dite Gargamelle, puis directement en mai 1983. Fait exceptionnel, les découvreurs du boson Z ont eu le prix Nobel en 1984, seulement quelques mois après leur découverte. Quant aux trois théoriciens, ils l’avaient déjà obtenu en 1979.

 

Bref, l’unification, peut paraître une marotte de théoricien, mais dans ce cas précis ça marche quand même très bien. Cela a permis de découvrir le boson Z dans la théorie avant de le trouver par l’expérience. La classe ultime pour un théoricien. Donc pour donner de la masse aux bosons de la force faible, voyons donc ce fameux mécanisme « artificiel », issu d’une idée du physicien écossais Higgs, et qui a permis à Glashow, Weinberg et Salam de construire leur théorie unifiée. Mais tout d’abord, que cherche-t-on ? Il faut se rendre à l’évidence que l’on ne peut pas unifier simplement l’électromagnétisme et la force faible. Puisque l’un a un boson médiateur de masse nulle et pas l’autre, ce sont clairement des forces différentes.

 

Mais nous allons essayer de faire comme si « avant », elles ne faisaient qu’un. Il s’agit d’une idée forte en physique fondamentale : dans les instants reculés du Big-Bang, à l’époque où l’Univers était très chaud, les forces ne faisaient qu’un, et c’est le refroidissement de l’Univers qui les a fait se dissocier.

 

Nous allons donc avec Higgs chercher un mécanisme qui permette d’avoir des forces totalement unifiées à haute température, mais dissociées à basse température ; cette dissociation se manifestant notamment par le fait que les bosons W et Z doivent acquérir une masse à basse température.

 

Pour que les bosons W et Z acquièrent de la masse, on va les mettre dans une sorte de mélasse. La masse, c’est quelque chose qui s’oppose au changement dans le mouvement, et pour donner une illusion de masse à une particule, on peut la faire interagir avec un nouveau champ, qui va jouer le rôle de la mélasse.

 

En pratique dans la théorie, cette mélasse est fournie par un champ, qu’on appelle le champ de Higgs. Toute la difficulté, c’est de faire en sorte que ce champ crée bien une mélasse à basse température, mais pas à haute température. Or, dites-vous bien que la mélasse n’est pas l’état naturel d’un champ. Prenez le champ électromagnétique, si vous ne faites rien pour le stimuler ou le créer, il sera nul et ne vous freinera pas. On dit que l’état fondamental du champ électromagnétique est zéro. Mais avec notre champ de Higgs, pour avoir de la mélasse sans rien faire, il nous faut justement un champ dont l’état fondamental soit non-nul. Enfin seulement à basse température, car on ne veut plus de mélasse à haute température.

 

Comment faire pour avoir un champ avec toutes ces propriétés ? C’est ce que fait la construction de Higgs. L’état fondamental d’un champ, c’est son état de plus faible énergie. Donc il nous faut un champ dont l’état de plus faible énergie n’est pas zéro à basse température. La solution est schématisée sur le graphique ci-contre : qui montre l’énergie du champ de Higgs à haute et basse température.

 

Nous sommes au bout de notre construction : en introduisant le champ de Higgs avec la bonne forme de l’énergie à haute et basse température, on créé la mélasse qui va en quelque sorte freiner les bosons W et Z, et donc leur donner de la masse !

 

Précisons en cadeau bonus que l’utilisation du mécanisme de Higgs permet également de donner de la masse aux autres particules, si on le souhaite. Par contre il n’explique pas du tout pourquoi certaines particules ont une masse élevée, et d’autres une masse beaucoup plus faible. C’est l’épineux problème théorique dit de la hiérarchie des masses.

 

Mais, au fait, je n’ai parlé que du champ de Higgs pour l’instant. Il est où le boson ? Et bien comme toujours en mécanique quantique, il y a la dualité onde/corpuscule. De même qu’au champ électromagnétique on peut associer une particule, le photon, au champ de Higgs on peut associer une particule : le boson de Higgs. Donc si le champ de Higgs existe vraiment, le boson doit exister aussi.

 

Si tout cela est vrai, reste à le découvrir. Un certain nombre de considérations permettent de le cerner : on est capable de dire quelle masse ce boson devrait approximativement avoir, et si la théorie est correcte, le LHC devrait le mettre en évidence. Mais si le boson de Higgs n’est pas trouvé, rien de bien grave. Ça signifie que le mécanisme de Higgs n’était pas le bon. Il faudra en trouver un autre !

 

Je précise pour les esprits chagrins, que si le boson de Higgs n’est pas trouvé, ça ne signifiera nullement qu’on a gâché notre argent au CERN. Bien au contraire, l’absence du boson de Higgs sera une découverte scientifique bien plus important et riche que sa présence !

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 06:39

 

Werner Karl Heisenberg, né le 5 décembre 1901 à Würtzburg, en Bavière, et mort le 1er février 1976, à 75 ans, à Munich, était un physicien allemand, prix Nobel de physique. Il est célèbre pour ses travaux en physique quantique, notamment ses relations d'incertitude, aussi appelées inégalités de Heisenberg qui disent qu'on ne peut pas connaître précisément à la fois la vitesse et la position d'une particule, formulées en 1927. Il a été l'élève de Niels Bohr, Max Born et David Hilbert et a travaillé avec Pascual Jordan et Wolfgang Pauli.

 

Werner Heisenberg est né à Würtzburg, en Bavière, un état du sud de l'Allemagne, dans une famille aisée : il est le fils d'August Heisenberg, professeur de grec à l'université de Munich, et de sa femme Anna Wecklein. Il entre à l'école primaire de Würtzburg à 5 ans et est toujours premier de la classe, notamment en mathématiques et en sciences.

 

En 1910, sa famille déménage à Munich ; il entre en 1911 au lycée Maximilian où il découvre et entretient sa passion des mathématiques. Il étudie seul la théorie de la relativité d'Einstein et apprend le piano. C'est l'époque de la Première Guerre mondiale.

 

En 1920, il finit le lycée et décide d'étudier la physique théorique (plutôt que les mathématiques) à l'université de Munich. Entre 1922 et 1923, il se rend à Göttingen pour étudier la physique des particules en tant qu'assistant personnel de Max Born et les mathématiques auprès de David Hilbert. Il décroche son doctorat en 1923, mais avec « seulement » un C (la meilleure note étant A, la pire F) en raison de l'incompatibilité qui existe entre lui et l'un des membres de son jury, Wilhelm Wien.

 

Entre 1924 et 1925, grâce à la fondation Rockefeller, il étudie la mécanique quantique naissante à Copenhague avec Niels Bohr, qui est l'une des figures de la mécanique quantique telle qu'on la connaît aujourd'hui. Lorsque Heisenberg entre à l'Université, Niels Bohr travaille sur la première « version » de la mécanique quantique. Celle-ci repose sur le modèle de Bohr, qui considère que l'atome est composé d'un noyau atomique autour duquel orbitent (c'est-à-dire tournent périodiquement) des électrons, un peu comme un modèle de Rutherford quantifié. On sait aujourd'hui que cette représentation est fausse : en effet, le fait que l'électron tourne autour du noyau contredit les inégalités que Heisenberg énoncera sept ans plus tard. En attendant, d'autres phénomènes mal expliqués par la théorie de Bohr indiquent que celle-ci a besoin d'être remplacée. Heisenberg retourne à Göttingen pour développer une mécanique quantique qui n'a pas besoin que l'électron tourne autour du noyau de son atome.

 

Il y parvient en 1925 mais les mathématiques qu'il a dû écrire pour y parvenir lui semblent si étranges (les multiplications qu'il utilise, notamment, ne sont pas commutatives) qu'il demande à Max Born de vérifier son travail. Celui-ci se rend compte que Heisenberg a en fait travaillé avec des matrices, ce qui donne naissance à une conception nouvelle de la mécanique quantique, la « mécanique des matrices », détachée du modèle de Bohr et qu'Albert Einstein trouve absurde.

 

En 1926, Heisenberg commence à donner des cours en physique théorique (à l'université de Copenhague, sous la direction de Niels Bohr). À cette époque, Erwin Schrödinger formule sa propre « mécanique des ondes » : c'est une théorie concurrente de la mécanique des matrices qui ne remet pas en cause les orbites du modèle de Bohr (alors que, pour les partisans de la mécanique des matrices, ces orbites sont inutiles et donc n'existent pas) et n'utilise pas de notions d'algèbre aussi avancées (que Schrödinger trouve difficiles et obscures) : les physiciens de l'époque se partagent entre ces deux visions. Un peu plus tard la même année, Schrödinger prouve que la mécanique des matrices et celle des ondes sont en réalité équivalentes. Heisenberg, lui, n'aime pas la mécanique des ondes (qui dit que tout est onde) car il est attaché au modèle des particules.

 

Paul Dirac et Pascual Jordan écriront finalement les équations qui unifient ces deux interprétations différentes et fondent la mécanique quantique moderne, mais Heisenberg y découvre un « problème » étrange : lorsqu'on tente de calculer à la fois la vitesse et la position d'une particule subatomique, des imprécisions apparaissent systématiquement, et elles ne sont pas dues à une erreur dans les équations mais à la structure même de la mécanique quantique. Il formalise et, en février 1927, publie sa découverte : c'est le principe d'incertitude, aussi appelé inégalités de Heisenberg en son honneur. Il accède à cette époque à son premier emploi en tant que véritable professeur : il enseigne la physique théorique à l'université de Leipzig. En 1929, il donne des conférences aux États-Unis, en Inde et au Japon pour présenter l’interprétation de Copenhague, c'est-à-dire la vision de la mécanique quantique qu'il partage notamment avec Bohr, Pauli et Born, contrairement à celles de Schrödinger et d'Einstein.

 

En 1932, Werner Heisenberg est nominé pour le prix Nobel de physique ; il le recevra en 1933, l'année où Adolf Hitler devient chancelier de la république de Weimar puis Führer du Troisième Reich.

 

Heisenberg, qui n'est ni juif ni nazi, reste en Allemagne, apparemment par patriotisme et pour protéger les avancées scientifiques récentes sur la mécanique quantique et la théorie de la relativité) face aux nazis qui trouvent que c'est « de la physique juive » (« juif » étant chez eux bien évidemment un terme péjoratif). Il est lui-même directement et violemment attaqué par un journal nazi dans un article intitulé Weiße Juden in der Wissenschaft où il est qualifié de traître et menacé d'internement en camp de concentration (ce qu'il parvient à éviter grâce à des relations familiales). Cela l'empêchera de remplacer son ancien professeur Arnold Sommerfeld à l'université de Munich.

 

Entre-temps, Heisenberg, Pauli et leurs étudiants ont travaillé à intégrer la toute nouvelle mécanique quantique, que Bohr et eux considéraient à tort comme pratiquement complète, au reste de la physique, donnant ainsi naissance à ce qu'on appelle la théorie quantique des champs : il s'agit de décrire précisément les différentes interactions fondamentales (champs) dans le cadre de la mécanique quantique. Ce qui n'est aujourd'hui toujours pas réussi pour la gravitation. Munis de cette théorie, qui est désormais la base de la physique des hautes énergies, ils ont modernisé de nombreux domaines de la physique, dont la cristallographie, l'étude des rayons cosmiques et celle des radiations nucléaires. Ils forment l'élite de la recherche scientifique allemande sur la fission nucléaire récemment découverte. Il est nommé professeur de physique à l'université de Berlin en 1941 et directeur par intérim de l’Institut Kaiser-Wilhelm de physique où il peut utiliser la « tour des éclairs » (Turm der Blitze), un ancêtre des accélérateurs de particules modernes.

 

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, il reprend l’Institut de physique de Göttingen qui sera renommé deux ans plus tard Institut Max-Planck de physique et deviendra une branche de la société Max-Planck pour le développement des sciences (nommée en l'honneur du physicien allemand Max Planck).

 

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 19:12
"Le Japon moderne et l'éthique du samouraï" vus par Mishima Yukio

Moins un essai qu’un commentaire, Le Japon moderne et l’éthique du samouraï est une réflexion autour du Hagakuré, texte du XVIIe siècle. Cette oeuvre du samouraï Yamamoto Jocho, devenu prêtre à la fin de sa vie, est en fait une compilation de principes et de réflexions destinés à guider les samouraïs au service du clan Nabeshima. Il circula de génération en génération, tenu en haute considération malgré son décalage avec son temps, et fut progressivement popularisé et diffusé à travers tout le Japon jusqu’à la période contemporaine. Mis à l’honneur dans le Japon en guerre, afin de fortifier l’esprit combatif et la détermination des jeunes nippons, il tombe dans les mains de Mishima qui confie avoir longuement médité les principes délivrés par l’ouvrage, et en avoir retiré des règles de vie.

 

L’essai Le Japon moderne et l’éthique du samouraï, de Mishima, se décompose en trois temps. Tout d’abord, Mishima explique pourquoi mettre à l’honneur le Hagakuré dans la période où il écrit (Les premiers chapitres). Pour cela, il commence par narrer sa rencontre avec ce texte, avant de dresser un parallèle entre le Japon du XVIIe siècle et celui des années 1950. Ensuite, au cours d’un assez long passage (Les principes de vie du Hagakuré), Mishima commente de larges extraits du Hagakuré. Sa prose occupe souvent moins d’espace que celle de Jocho. Ce développement s’avère rapidement n’être qu’une collection hétéroclite, qui mélange des réflexions fines et pertinentes à des préceptes moralisateurs abrupts, ou à des conseils pointilleux sur le bâillement ou les beuveries, dont la présence se justifie dans la logique du Hagakuré, mais beaucoup moins dans l’essai de Mishima, où ils ne sont que l’occasion pour l’auteur de rabâcher une morale déjà suffisamment martelée par ailleurs. La dernière partie de l’ouvrage (les Appendices), redondante avec les extraits déjà abondants de la seconde, n’est ni plus, ni moins, que la reproduction du Hagakuré lui-même.

 

Comme il l’explique dans la première partie, et tente de le démontrer par ses commentaires dans la seconde, Mishima estime qu’il y a une évolution des moeurs similaire au début du XVIIe siècle, et dans les années 1950. Au lendemain de la bataille de Sekigahara, le Japon est unifié par Tokugawa, qui va instaurer le gouvernement du shôgun, et asseoir l’autorité de sa famille sur tout l’archipel. Ce moment de l’histoire du Japon est décisif pour la caste des samouraïs. Jusqu’ici, ceux-ci trouvaient à vivre des affrontements entre les daimyô (seigneurs), et leur valeur de guerrier était prisée avant toute autre. Tokugawa, afin de consolider son emprise sur le Japon favorisa le développement des arts intellectuels chez les samouraïs, qui devinrent peu à peu autant une caste de fonctionnaires que de guerriers. La figure de Miyamoto Musashi, qui s’inscrit précisément dans ce contexte, est éclairante à cet égard. Le jeune Shinmen Takezo ne deviendra un samouraï accompli qu’en passant par l’étude, l’amour de l’art et du Zen. Dans ce contexte, comme à chaque évolution des mœurs, il se trouve toujours des esprits conservateurs qui se rattachent aux valeurs dans lesquels ils ont été édifiés. Il semble que Jocho soit de cette trempe. Mishima Yukio l’était sans doute également. Le Japon des années 1950 est en effet occupé par les Etats-Unis et s’est engagé, par sa nouvelle constitution, à renoncer à la guerre. L’occidentalisation de la société d’alors provoque un certain malaise, qui s’exprime dans la littérature de l’époque. Outre l’œuvre de Mishima, on peut aussi citer celle de Kawabata, qui fait d’un tournoi de Go la métaphore de la succession de deux mondes dans le Japon. Le Japon moderne et l’éthique du samouraï se retrouve donc à naviguer, entre de fines observations sur la proximité entre la pensée de la Grèce antique et celle du Japon, et des considérations sur les hommes modernes qui manquent cruellement de virilité.

 

De cette cacophonie, dominée par une violente nostalgie, qui revendique son conservatisme et prône un homme nouveau calqué sur une idéalisation - pour ne pas dire une idéologisation – de l’ancien, on peut cependant retenir des passages fort profonds. Il est en effet difficile de faire la part des choses dans cet essai, entre ce qui relève de l’aigreur, de l’anecdote ou d’une pensée qui, au-delà de la vision engoncée d’un monde qui cherche à se replier sur une image idéalisée de son hier, sait communiquer des réflexions profondes sur le sens de l’existence.

 

Ainsi, Mishima parvient à éclairer, et à enrichir, l’axiome du Hagakuré : "Je découvris que la voie du samouraï, c’est la mort". On prendrait volontiers, à tort, cette simple phrase comme un slogan pour endoctriner de la graine de kamikaze. De fait, elle est en fait la clef de voûte d’un édifice qui doit conduire l’individu à faire de sa vie une œuvre cosmique. Dans notre Occident, on dirait plus aisément une œuvre d’art, mais l’expression ne rendrait pas l’idée de plénitude et de finitude que suppose le grand équilibre du cosmos. D’ailleurs, à la lecture de ce passage de Le Japon moderne et l’éthique du samouraï, on ne peut s’empêcher de penser à l’Enquête d’Hérodote, où est narré l’épisode de l’oracle que fit venir devant lui Crésus, grand roi de Lydie. Lui demandant qui est l’homme le plus heureux du monde, Cyrus s’attendait à se voir désigner. Mais l’oracle lui parla de jeunes Athéniens qui étaient morts jeunes. Il expliqua ensuite sa réponse par le fait que leur vie avait été en tout point parfaite jusqu’à leur mort, et que nulle chute ou défaveur n’était venue ternir leur parfait bonheur avant que les Immortels ne reprennent leur vie. Ainsi, la mort, volontaire ou non, apparaît comme l’acmé d’une existence, ou plus exactement le point qui ferme le cercle parfait que celle-ci est censée composer.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 08:35

La physique cartésienne nie le vide et l’atome indivisible. Pour ce qui est du vide, au sens que les philosophes prennent ce mot, à savoir, pour un espace où il n'y a point de substance, il est évident qu'il n'y a point d'espace en l'univers qui soit tel, parce que l'extension de l'espace ou du lieu intérieur n'est point différente de l'extension du corps. Et comme, de cela seul qu'un corps est étendu en longueur, largeur et profondeur, nous avons raison de conclure qu'il est une substance, à cause que nous concevons qu'il n'est pas possible que ce qui n'est rien ait de l'extension, nous devons conclure le même de l'espace qu'on suppose vide : à savoir, que, puisqu'il y a en lui de l'extension, il y a nécessairement aussi de la substance.

 

Mais lorsque nous prenons ce mot selon l'usage ordinaire, et que nous disons qu'un lieu est vide, il est constant que nous ne voulons pas dire qu'il n'y a rien du tout en ce lieu ou en cet espace, mais seulement qu'il n'y a rien de ce que nous présumons y devoir être. Ainsi, parce qu'une cruche est faite pour tenir de l'eau, nous disons qu'elle est vide lorsqu'elle ne contient que de l'air ; et s'il n'y a point de poisson dans un vivier, nous disons qu'il n'y a rien dedans, quoiqu'il soit plein d'eau ; ainsi nous disons qu'un vaisseau est vide, lorsqu'au lieu des marchandises dont on le charge d'ordinaire, on ne l'a chargé que de sable, afin qu'il pût résister à l'impétuosité du vent : et c'est en ce même sens que nous disons qu'un espace est vide, lorsqu'il ne contient rien qui nous soit sensible, encore qu'il contienne une matière créée et une substance étendue. Car nous ne considérons ordinairement les corps qui sont proches de nous, qu'en tant qu'ils causent dans les organes de nos sens des impressions si fortes que nous les pouvons sentir. Et si, au lieu de nous souvenir de ce que nous devons entendre par ces mots de vide ou de rien, nous pensions par après qu'un tel espace, où nos sens ne nous font rien apercevoir, ne contient aucune chose créée, nous tomberions en une erreur aussi grossière que si, à cause qu'on dit ordinairement qu'une cruche est vide, dans laquelle il n'y a que de l'air, nous jugions que l'air qu'elle contient n'est pas une chose ou une substance.

 

Nous avons presque tous été préoccupés de cette erreur dès le commencement de notre vie, parce que, voyant qu'il n'y a point de liaison nécessaire entre le vase et le corps qu'il contient, il nous a semblé que Dieu pourrait ôter tout le corps qui est contenu dans un vase, et conserver ce vase en son même état, sans qu'il fût besoin qu'aucun autre corps succédât en la place de celui qu'il aurait ôté. Mais, afin que nous puissions maintenant corriger une si fausse opinion, nous remarquerons qu'il n'y a point de liaison nécessaire entre le vase et un tel corps qui le remplit, mais qu'elle est si absolument nécessaire entre la figure concave qu'a ce vase et l'étendue qui doit être comprise en cette concavité, qu'il n'y a pas plus de répugnance à concevoir une montagne sans vallée, qu'une telle concavité sans l'extension qu'elle contient, et cette extension sans quelque chose d'étendu, à cause que le néant, comme il a été déjà remarqué plusieurs fois, ne peut avoir d'extension. C'est pourquoi, si on nous demande ce qui arriverait, en cas que Dieu ôtât tout le corps qui est dans un vase, sans qu'il permît qu'il en rentrât d'autre, nous répondrons que les côtés de ce vase se trouveraient si proches qu'ils se toucheraient immédiatement. Car il faut que deux corps s'entre touchent, lorsqu'il n'y a rien entre eux deux, parce qu'il y aurait de la contradiction que ces deux corps fussent éloignés, c'est-à-dire qu'il y eût de la distance de l'un à l'autre, et que néanmoins cette distance ne fût rien : car la distance est une propriété de l'étendue, qui ne saurait subsister sans quelque chose d'étendu.

 

Il est aussi très aisé de connaître qu'il ne peut y avoir des atomes, ou des parties de corps qui soient indivisibles, ainsi que quelques philosophes ont imaginé. D'autant que, si petites qu'on suppose ces parties, néanmoins, parce qu'il faut qu'elles soient étendues, nous concevons qu'il n'y en a pas une entre elles qui ne puisse être encore divisée en deux ou plus grand nombre d'autres plus petites, d'où il suit qu'elle est divisible. Car, de ce que nous connaissons clairement et distinctement qu'une chose peut être divisée, nous devons juger qu'elle est divisible, parce que, si nous en jugions autrement, le jugement que nous ferions de cette chose serait contraire à la connaissance que nous en avons. Et quand même nous supposerions que Dieu eût réduit quelque partie de la matière à une petitesse si extrême, qu'elle ne pût être divisée en d'autres plus petites, nous ne pourrions conclure pour cela qu'elle serait indivisible, parce que, quand Dieu aurait rendu cette partie si petite qu'il ne serait pas au pouvoir d'aucune créature de la diviser, il n'a pu se priver soi-même du pouvoir qu'il avait de la diviser, à cause qu'il n'est pas possible qu'il diminue sa toute-puissance comme il a été déjà remarqué. C'est pourquoi nous dirons que la plus petite partie étendue qui puisse être au monde, peut toujours être divisée, parce qu'elle est telle de sa nature.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 01:53

La terne structure extérieure du Museum Of Modern Art de Tokyo, bien différente de l’architecture du MOMA de New York ou du Centre Georges Pompidou à Paris, contraste avec les riches collections qu’elle présente. Le XXe siècle y est à l’honneur, de l’ère Meiji aux nouvelles formes d’expression artistiques apparues ces dernières décennies.

 

Inauguré en 1952, le MOMAT possède une collection de neuf mille œuvres. Les expositions changent cinq fois par an pour présenter aux visiteurs l’ensemble de la collection. A chaque étage, son époque et ses œuvres. La première galerie, au troisième niveau, expose les travaux des ères Meiji (1868-1912) et Taishô (1912-1926). Le visiteur voyage dans le temps avec les artistes proches des courants surréalistes et constructivistes ou à travers les mouvements avant-gardistes japonais qui se sont multipliés après le tremblement de terre de Tokyo en 1923.

 

Dans la galerie du deuxième étage, l’heure est au retour à la tradition. Pendant la guerre, Yasuda Yukihiko ou Kobayashi Kôhei s’inspiraient des techniques et œuvres ancestrales nippones et chinoises. Les troisième et quatrième galeries, au premier étage, dévoilent des créations plus récentes, à partir des années 1970, avec de nouvelles techniques telles que le recours aux éléments naturels – eau, bois – à la photographie ou à la vidéo.

 

Certains grands artistes japonais, comme Tarô Okamoto, proche de Pablo Picasso ou de Max Ernst, ou Yayoi Kusama et ses célèbres pois, traversent les époques et les galeries, permettant d’appréhender l’art japonais au fil des décennies. Une vision d’ensemble et une escapade réussie. L’art occidental n’est pas en reste. Certaines réalisations de Jean Arp, Fernand Léger, Wassily Kandinsky, Joan Miró ou encore Daniel Buren en témoignent.

 

Une salle entière est consacrée à Foujita, le grand artiste japonais qui a longtemps travaillé en terre française.

Museum of Modern Art Tokyo : de riches collections sous le signe de l'universel
Museum of Modern Art Tokyo : de riches collections sous le signe de l'universel
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 01:48

Situé dans le quartier de la gare de Tokyo, anciennement la demeure du shôgun, le palais est devenu la résidence de l’empereur et de sa famille. Lieu paisible et secret, son jardin impérial est souvent désert. Alors qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, les rois de France résident à Versailles, à l’extérieur de Paris, les shôguns de l’ère Tokugawa (1603-1867) siègent en plein cœur de la capitale, Edo. Au centre purement géographique de la ville, le Palais Impérial de Tokyo ressemble à un écrin, tant le calme et le mystère envahissent les lieux dès la traversée du pont Nijûbashi.

 

Autrefois le plus grand château du monde, le Palais Impérial n’arbore aujourd'hui que ses douves, ses remparts et son jardin impérial. À tel point que le lieu a perdu quelque peu de son charme. Terne et sobre, le vaste site n’offre pas à voir de merveilles architecturales. La reproduction de quelques jardins traditionnels lui confère toutefois une certaine atmosphère, dont le symbole est son jardin oriental. Par l’Ôte-mon, jadis entrée principale, on pénètre puis on déambule dans le seul lieu ouvert au public. Quant à l’intérieur du Palais, il n’est pas accessible. Mais deux fois l’an, le 2 janvier et le 23 décembre, jour d’anniversaire de l’empereur, les Japonais peuvent l’approcher d’un peu plus près.

Jardin Impérial à Tokyo : le "centre vide" de Roland Barthes
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 01:30

Le National Film Centre de Tokyo est un centre dédié au septième art. Ou plutôt un petit musée sans prétention qui reconstitue au mieux l'histoire complexe d'un moyen de divertissement, mais aussi de communication. Des grands moments d'émotion, de la propagande à tout va : je retrouve les films qui ont marqué l'histoire du Japon. Par la suite, je peux admirer le matériel, aujourd'hui obsolète, qui a servi à leur réalisation : des caméras, des bandes magnétiques, des projecteurs, des lampes et un paquet de documents d'époque, dont des affiches de promotion.

National Film Center Tokyo : modeste et émouvant
National Film Center Tokyo : modeste et émouvant
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 01:24

Pour les artistes du XVe siècle en Italie, le dessin ou disegno était l’une des formes d’art parmi les plus importantes et les plus fondamentales pour montrer leurs techniques. L’exposition Leonardo da Vinci e Michelangelo est la première au Japon à comparer les dessins des deux maîtres souvent concurrents. On peut y admirer les études de Léonard pour La Vierge aux rochers, l’étude de la tête de Leda par Michel-Ange pour son projet de Leda et le cygne. Au-delà des dessins, l’exposition présente quelque soixante-cinq pièces, dont trente n’ont jamais été exposées au Japon, comprenant peintures à l’huile, manuscrits et lettres centrées sur les travaux de la Biblioteca Reale à Turin et de la Casa Buonarroti à Florence.

Musée Mitsubishi Ichigokan à Tokyo : exposition "Leonardo da Vinci e Michelangelo"
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 00:35

Evangelista Torricelli naît à Faenza, en Italie, le 15 octobre 1608. Très jeune, il rentre au collège des Jésuites de Faenza, où il est remarqué pour ses talents exceptionnels en mathématiques. Il est envoyé à Rome, où il devient l'élève de Benedetto Castelli, l'un des disciples de Galilée. Il y perfectionne ses connaissances en mathématiques et découvre peu à peu les travaux de l'astronome Galilée, qui lui inspirent un peu plus tard son premier traité de mécanique. Dans cet ouvrage, Evangelista Torricelli démontre que le centre de gravité d'un solide tend à être le plus bas possible à l'équilibre.

 

Devenu célèbre pour ses recherches sur les mouvements des corps, Evangelista Torricelli entame une correspondance avec Galilée, avant de devenir son secrétaire durant les trois derniers mois de sa vie, entre 1641 et 1642. À la mort de son maître, Evangelista Torricelli se voit proposer la place de mathématicien du Grand-Duc de Toscane, ainsi que l'ancienne chaire de mathématiques de Galilée. Avec cette rente à vie, le mathématicien peut se plonger en toute tranquillité dans ses recherches.

 

Impliqué dans le problème des fontainiers de Florence qui cherchent à pomper l'eau de l'Arno, Evangelista Torricelli découvre un principe fondamental en 1644, qui donnera lieu à l'invention du baromètre à tube de mercure. En effet, le scientifique découvre que pour remplacer l'eau, il est nécessaire d'avoir un liquide avec une plus grande densité. Il publie la même année Opera Geometrica, qui sera le premier pas vers l'invention du calcul intégral.

 

Evangelista Torricelli meurt de la typhoïde à Florence, le 25 octobre 1647, sans jamais avoir publié ou revendiqué la paternité du baromètre à mercure.

 

Torricelli avait eu l'idée que c'était l'air atmosphérique qui appuyait sur la surface de l'eau et qui la poussait dans le tube, et non "l'horreur du vide" qui la tirait. Dès lors, la force exercée par l'air ne pouvait être que finie.

 

Afin de vérifier son hypothèse, il conçut une maquette du problème dans lequel il remplaça l'eau par du mercure (sans aucune bulle d'air) sur une cuve remplie, elle aussi, de mercure. L'expérience lui donna raison. A sa grande joie, du moins on peut l'imaginer, le niveau du mercure dans le tube descendit légèrement, puis se stabilisa à une hauteur d'environ 760 mm au-dessus du mercure de la cuve. Il venait de réaliser la première mesure de la pression de l'air atmosphérique.

 

En 1643, Torricelli, assistant très réputé de Galilée, se rend à Florence pour chercher une solution au problème que rencontrent des fontainiers. En 1638, Galilée lui-même appelé à l'aide n'avait pas réussi à trouver la vraie réponse à ce problème. Les fontainiers ne parvenaient pas, avec une pompe aspirante, à monter de l'eau à plus de 10 m de hauteur. Jusqu'alors, la théorie aristotélicienne selon laquelle la nature avait "horreur du vide" prévalait et prévoyait qu'en aspirant l'air au sommet d'un tube plongeant dans l'eau, il devait être possible de la pomper depuis n'importe quelle profondeur. De toute évidence, cet exemple démontrait le contraire.

 

C'est Pascal qui eut l'idée de transformer le baromètre en altimètre. Ce dernier fut développé par Mariotte. Intéressé par l'expérience de Torricelli, Pascal devina que si la pression de l'air était responsable de l'élévation du mercure, ces deux grandeurs devaient diminuer en altitude. En 1648, il demanda à son beau-frère, Florin Perrier, de rééditer l'expérience de Torricelli en haut du Puy de Dôme (ce dernier vivait en Auvergne). A 1 000 m d'altitude, la hauteur de la colonne de mercure n'était plus que de 680 millimètres. Preuve était faite que l'hypothèse de Torricelli était juste, que l'on mesurait bien la pression de l'air atmosphérique et qu'à Florence, les fontainiers devraient remonter l'eau au seau ! 

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